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Starship Flight 13 : SpaceX vise jeudi après un abort

📅 21 juillet 2026 ✍ Théo

SpaceX s’apprête à relancer son mégafusée. Après un arrêt de dernière seconde le 16 juillet, l’entreprise vise désormais le jeudi 23 juillet 2026 pour le treizième vol d’essai de Starship, le lanceur entièrement réutilisable qu’elle développe pour la Lune et Mars. Le décollage est prévu depuis Starbase, au Texas, au cours d’une fenêtre de 90 minutes s’ouvrant à 22 h 45 (temps universel), soit 18 h 45 heure locale texane. Ce vol embarquera une première : les tout premiers satellites Starlink de troisième génération.

Un abort à T-0 le 16 juillet

La première tentative, le 16 juillet, s’est interrompue au tout dernier instant. Alors que les 33 moteurs Raptor du premier étage Super Heavy entamaient leur séquence d’allumage, le logiciel de vol a déclenché un arrêt automatique à T-0 : quatre Raptor n’atteignaient pas les paramètres d’allumage acceptables. Or la fusée ne tolère au maximum que trois moteurs défaillants au démarrage. Le système a donc protégé le véhicule et le pas de tir en avortant la mise à feu.

Elon Musk a confirmé l’incident dans la foulée. « Pour être sûrs d’un bon vol, deux Raptor vont être retirés et remplacés », a-t-il indiqué, évoquant un tir « au début de la semaine prochaine ». Après plusieurs ajustements de calendrier, la cible s’est stabilisée sur le 23 juillet.

Le deuxième vol de la « Version 3 »

Flight 13 sera la deuxième mission de Starship en configuration V3, une version plus grande et plus puissante que les précédentes, dont le premier vol remonte au 22 mai 2026 (Flight 12). L’ensemble atteint 124,4 mètres de haut — l’un des engins volants les plus imposants jamais construits.

Le profil de vol reprend en grande partie celui de Flight 12, avec quelques différences notables. L’étage supérieur suivra une trajectoire suborbitale contrôlée, tandis que le booster Super Heavy tentera un amerrissage de précision dans le golfe du Mexique. Un objectif à surveiller de près : lors de Flight 12, le Super Heavy avait connu des problèmes moteur lors de son retour et s’était écrasé dans le golfe plutôt que d’y amerrir en douceur. SpaceX remet donc l’ouvrage sur le métier. À terme, l’entreprise vise le retour direct des deux étages vers le pas de tir, rattrapés au vol par les bras « baguettes » des tours de lancement.

Starlink V3 et inspection du bouclier thermique

Pour la première fois, Starship emportera 20 satellites Starlink V3, censés démultiplier la capacité du réseau. Ces satellites nouvelle génération doivent déployer panneaux solaires et antennes et tenter de se connecter à des stations au sol en Afrique du Sud, ainsi qu’au reste de la constellation, via des liaisons laser à haut débit.

Six de ces satellites embarquent en outre une batterie de caméras chargées de scruter le bouclier thermique de Starship et d’en transmettre les images aux équipes au sol. Détail parlant : plusieurs tuiles thermiques ont été volontairement peintes en blanc pour simuler des tuiles manquantes et servir de cibles d’imagerie — un test grandeur nature de la résistance du bouclier, clé pour les futurs retours au pas de tir.

Un vol scruté aussi à Wall Street

Ce vol a une particularité inédite : c’est le premier essai de Starship depuis l’entrée en Bourse de SpaceX, en juin. Résultat, chaque geste de l’entreprise est désormais suivi en temps réel par les investisseurs. Lors de l’abort du 16 juillet, l’action SpaceX a reculé de plus de 3 % dans les échanges d’après-clôture, alors même que le titre évoluait déjà sous son prix d’introduction. Une pression boursière nouvelle pour un programme habitué, jusqu’ici, à n’avoir de comptes à rendre qu’à la physique.

Rendez-vous jeudi, donc — sous réserve, comme toujours avec Starship, de la météo, de l’état technique du lanceur et de la disponibilité du champ de tir.

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