Étoiles & Astrophysique

Le ciel de septembre 2026 : Neptune à l’honneur et une Vénus escamotée

📅 03 septembre 2026 ✍ Théo

Après l’éclipse de Soleil du 12 août et l’éclipse de Lune du 28, septembre marque une pause dans le spectaculaire. Mais c’est un mois d’observateur : les nuits s’allongent franchement, l’automne arrive, et le programme compte au moins trois rendez-vous de premier plan — l’opposition de Neptune, une occultation de Vénus par la Lune en plein jour, et le retour des grandes constellations d’automne.

À retenir : nouvelle Lune le 11 — occultation de Vénus le 14 — équinoxe le 23 — pleine Lune et opposition de Neptune le 26.

Le mois de Neptune

C’est la vedette du mois, même si elle se mérite. Le 26 septembre, Neptune atteint son opposition : la Terre s’intercale entre elle et le Soleil. La planète se trouve alors dans sa période de plus grande proximité avec nous, visible pratiquement toute la nuit et à son éclat maximal de l’année.

N’espérez pas grand-chose à l’œil nu : avec une magnitude de 7,8 et un diamètre apparent de 2,4 secondes d’arc, Neptune reste hors de portée. Aux jumelles, elle ressemble simplement à une étoile faible ; il faut grossir autour de 120 fois pour que son disque bleuté devienne évident. Un télescope est donc indispensable pour l’apprécier vraiment.

Complication supplémentaire cette année : la pleine Lune tombe le même jour. Ce n’est pas un hasard — un objet à l’opposition et une pleine Lune sont tous deux à l’opposé du Soleil, donc voisins dans le ciel. Sa lumière va sérieusement éclaircir le fond de ciel. Si vous cherchez Neptune, visez plutôt les nuits autour du 11 septembre, à la nouvelle Lune : l’opposition est certes quinze jours plus tard, mais la planète est déjà quasiment aussi brillante et le ciel infiniment plus noir.

Cherchez-la dans les Poissons, non loin de Saturne qui, elle, se repère à l’œil nu et fait un excellent point de départ.

14 septembre : Vénus disparaît derrière la Lune, en plein jour

C’est le phénomène le plus rare du mois. Le lundi 14 septembre, la Lune passe devant Vénus — une occultation visible depuis une partie de la France.

Le problème, c’est l’heure : tout se joue en plein jour. Pour une position centrale en France, la disparition intervient vers 11 h 27 et la réapparition vers 12 h 34. Ces horaires varient sensiblement d’une ville à l’autre : une occultation lunaire est très sensible à la position géographique, vérifiez donc les circonstances pour votre commune. Vénus étant très brillante, le phénomène reste accessible, mais aux instruments uniquement — jumelles solidement tenues ou petit télescope, avec un repérage préalable soigné.

Précaution impérative. Observer aux instruments en plein jour signifie pointer le ciel à quelques dizaines de degrés du Soleil. Un balayage accidentel du disque solaire dans un télescope ou des jumelles provoque des lésions oculaires immédiates et irréversibles. Ne tentez cette observation que si vous savez pointer précisément vos coordonnées, et placez-vous à l’ombre d’un bâtiment qui masque physiquement le Soleil.

Le soir venu, consolation plus simple : un fin croissant de Lune retrouve Vénus au crépuscule, très bas sur l’horizon ouest. Une jolie scène, celle-là parfaitement sûre — à condition que l’horizon ouest soit bien dégagé.

Les planètes ce mois-ci

Vénus domine le ciel du soir en début de mois — elle croise l’étoile Spica le 2 septembre, à environ un degré et demi — puis entame sa descente vers le Soleil. Profitez-en : elle disparaîtra ensuite des soirées, passera en conjonction inférieure le 24 octobre, et ne reviendra qu’au petit matin, début novembre.

Saturne est la grande favorite. Près de la frontière entre les Poissons et la Baleine, elle est visible une grande partie de la nuit et se rapproche de son opposition du 4 octobre. Ses anneaux, vus presque par la tranche en 2025, se sont rouverts mais restent nettement moins inclinés que lors de leurs années les plus favorables — un aspect encore inhabituel, à ne pas manquer au télescope.

Mars et Jupiter sont réservées aux lève-tôt : toutes deux basses sur l’horizon est avant l’aube. Mars apparaît comme un point orangé discret, Jupiter comme un astre nettement plus brillant qui gagne en hauteur au fil des semaines.

Uranus (magnitude 5,7) se repère aux jumelles dans le Taureau, et Mercure reste défavorable ce mois-ci.

L’équinoxe : la vraie bascule

Le 23 septembre, à 2 h 05 du matin, c’est l’équinoxe d’automne. Le Soleil traverse l’équateur céleste, jour et nuit s’équilibrent, et l’hémisphère nord bascule dans sa saison sombre.

Pour un observateur, c’est la meilleure nouvelle du mois. Fin septembre, la nuit noire arrive environ deux heures plus tôt qu’à la mi-août. Plus besoin d’attendre 23 h pour commencer à observer, et les nuits s’allongent de jour en jour jusqu’au solstice de décembre.

La pleine Lune du 26, la plus proche de l’équinoxe, porte le nom traditionnel de Lune des Moissons. Sa particularité : à cette période, elle se lève à peu près à la même heure plusieurs soirs de suite, juste après le coucher du Soleil — ce qui offrait autrefois aux moissonneurs un précieux surcroît de lumière.

Le calendrier jour par jour

DateÉvénement
2 septembreVénus près de l’étoile Spica, le soir
4 septembreDernier quartier de Lune
6-7 septembreLa Lune rejoint Mars, à l’aube, à l’est
8 septembreLa Lune près de Jupiter, au petit matin
9 septembreMaximum des epsilon-Perséides, essaim mineur
11 septembreNouvelle Lune — la meilleure semaine pour le ciel profond
14 septembreOccultation de Vénus par la Lune (jour) ; croissant et Vénus le soir
15 septembreLancement de la mission FLEX avec Sentinel-3C, à 3 h 21
18 septembrePremier quartier de Lune, dans Ophiuchus
23 septembreÉquinoxe d’automne, à 2 h 05
26 septembrePleine Lune des Moissons + opposition de Neptune
Fin septembreSurvol de la Terre par la sonde JUICE

Ciel profond : la transition estival-automnal

Le Triangle d’été — Véga, Deneb, Altaïr — reste haut en début de nuit, mais glisse vers l’ouest au fil du mois. C’est le moment d’en profiter une dernière fois : la nébuleuse de l’Anneau (M57) dans la Lyre, l’amas d’Hercule (M13), et la Voie lactée qui le traverse.

À l’est, l’automne s’installe avec le carré de Pégase et surtout Andromède. Autour du 11 septembre, à la nouvelle Lune, c’est le moment idéal pour retrouver M31, la galaxie d’Andromède : visible à l’œil nu sous un bon ciel, spectaculaire aux jumelles. Elle culmine de plus en plus haut chaque semaine.

Côté missions

Septembre est chargé. Le lancement de la mission FLEX, accompagnée de Sentinel-3C, est attendu le 15 septembre à 3 h 21, heure de Paris. La sonde européenne JUICE, en route vers Jupiter, effectuera pour sa part un survol de la Terre en fin de mois — une manœuvre d’assistance gravitationnelle destinée à ajuster sa trajectoire vers le système jovien, où elle doit arriver en 2031.

Et le télescope spatial Nancy-Grace-Roman, lancé le 30 août par une Falcon Heavy, poursuit sa croisière vers le point de Lagrange L2, à 1,5 million de kilomètres. Il lui faudra encore plusieurs semaines pour s’y installer et commencer sa mise en service.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les commentaires sont relus avant publication.