Seize jours après l’éclipse de Soleil, le ciel remet le couvert. Dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 août 2026, la Terre projettera son ombre sur la pleine Lune et en masquera 93 % du diamètre. Techniquement, c’est une éclipse partielle. Visuellement, elle ressemblera à s’y méprendre à une totale : un disque presque entièrement cuivré, avec un mince liseré blanc sur un bord. Deux différences majeures avec le 12 août — aucune protection n’est nécessaire, et il faudra se lever très tôt.
À retenir : nuit du 27 au 28 août — phase sombre de 4 h 33 à 7 h 52 — maximum à 6 h 13 — Lune très basse à l’ouest — observation à l’œil nu, sans aucun filtre.
Les horaires
Toutes les heures sont données en heure légale française.
| Phase | Heure | Ce qu’on voit |
|---|---|---|
| Entrée dans la pénombre | 3 h 23 | Assombrissement très discret, quasi imperceptible |
| Début de la phase sombre | 4 h 33 | Une encoche nette mord le bord lunaire |
| Maximum | 6 h 13 | 93 % du disque plongé dans l’ombre, teinte cuivrée |
| Fin de la phase sombre | 7 h 52 | Non visible depuis la France |
| Sortie de la pénombre | 9 h 01 | Non visible depuis la France |
Le maximum est calculé à 6 h 12 min 55 s par le Laboratoire Temps Espace de l’Observatoire de Paris.
Le vrai obstacle : l’horizon ouest, encore
Voilà le point que la plupart des articles passent sous silence. Au moment du maximum, la Lune sera très basse sur l’horizon ouest, en train de se coucher — et le jour se lèvera vers 7 h selon les régions. Autrement dit, la fin du spectacle sera perdue, soit sous l’horizon, soit noyée dans les lueurs de l’aube.
C’est exactement la contrainte du 12 août, mais dans l’autre sens : cette fois, c’est encore l’ouest qu’il faut dégager, mais au petit matin plutôt qu’au crépuscule. Une rue encaissée, une rangée d’immeubles ou une colline, et vous ne verrez rien.
La bonne stratégie : sortir vers 4 h 30 pour attraper le début de la phase sombre, quand la Lune est encore assez haute, puis suivre sa descente jusqu’au maximum. Si vous ne devez sortir qu’une fois, visez 6 h — mais sachez que le ciel commencera déjà à pâlir.
À l’inverse, les Amériques sont idéalement placées : la Lune y sera haute dans le ciel pendant toute l’éclipse. Au Québec, le maximum tombe à 0 h 12 le 28 août, en pleine nuit.
Pourquoi une partielle aussi profonde ?
La réponse tient à une coïncidence de quelques minutes. La pleine Lune exacte — le moment où la Lune se trouve rigoureusement à l’opposé du Soleil — survient à 6 h 18, soit six minutes seulement après le maximum de l’éclipse.
Cet alignement quasi parfait explique la profondeur du phénomène : la Lune s’enfonce dans l’ombre terrestre pratiquement au moment où elle atteint l’opposition. La magnitude d’ombre atteint 0,932 — il s’en faut donc de très peu pour que l’éclipse soit totale.
Concrètement, la portion plongée dans l’ombre prendra une teinte rouge cuivré, celle des « Lunes de sang ». Cette couleur vient de notre propre atmosphère : elle filtre la lumière solaire, disperse le bleu et ne laisse passer que les longueurs d’onde rouges, qui viennent éclairer indirectement la surface lunaire. Le mince croissant resté hors de l’ombre, lui, restera d’un blanc éclatant — et son contraste avec la partie sombre rendra paradoxalement le rouge plus difficile à percevoir qu’au cours d’une totale.
Aucune protection nécessaire
Le contraste avec le 12 août est total, et il vaut la peine d’être martelé : une éclipse de Lune s’observe à l’œil nu, sans le moindre danger. Pas de lunettes certifiées, pas de filtre, aucune précaution particulière.
La raison est simple : on ne regarde pas le Soleil, mais un objet qui reflète sa lumière — et qui, pendant l’éclipse, en reflète justement beaucoup moins que d’ordinaire.
Jumelles et petits télescopes sont non seulement autorisés mais recommandés : ils révèlent le dégradé de couleurs au bord de l’ombre. Pour la photographie, un téléobjectif sur trépied suffit ; la Lune basse sur l’horizon offrira d’ailleurs de belles compositions avec le paysage, un cadrage impossible quand elle est au zénith.
Après celle-ci, la disette
C’est la dernière éclipse de l’année visible depuis la France. Et la suite se fait attendre.
Pour une véritable éclipse totale de Lune observable depuis la métropole — le disque entièrement rouge cuivré, sans liseré blanc —, il faudra patienter jusqu’au 31 décembre 2028, un soir de réveillon. Entre-temps, seule une éclipse par la pénombre, le 20 février 2027, viendra s’intercaler — un phénomène si discret qu’il passe presque inaperçu à l’œil nu.
Raison de plus pour régler le réveil vendredi matin.

