C’est demain. Le mercredi 12 août 2026, en fin de journée, la Lune viendra masquer jusqu’à 99,5 % du Soleil au-dessus de la France. La bande de totalité, elle, traversera l’ouest de l’Islande puis le nord de l’Espagne, de la Galice aux Baléares. Depuis la métropole, l’éclipse sera partielle — mais d’une profondeur exceptionnelle, la plus marquée depuis 1999. Voici les horaires, les précautions indispensables et les bons réflexes.
À retenir : début entre 19 h 19 et 19 h 32 selon les villes — maximum entre 20 h 14 et 20 h 27 — jusqu’à 99,5 % du Soleil masqué — lunettes CE / ISO 12312-2 obligatoires.
Les horaires, ville par ville
Toutes les heures sont données en heure légale française.
| Ville | Début | Maximum | Obscuration |
|---|---|---|---|
| Lille | 19 h 19 | 20 h 14 | 90,4 % |
| Paris | 19 h 22 | 20 h 17 | 92,2 % |
| Lyon | 19 h 27 | 20 h 21 | 93,9 % |
| Nice | 19 h 31 | 20 h 24 | 95,1 % |
| Marseille | 19 h 31 | 20 h 25 | 96,4 % |
| Bordeaux | 19 h 29 | 20 h 24 | 97,6 % |
| Toulouse | 19 h 31 | 20 h 26 | 97,9 % |
| Perpignan | 19 h 32 | 20 h 27 | 98,2 % |
| Biarritz | 19 h 31 | 20 h 27 | 99,5 % |
Attention : le Soleil sera extrêmement bas — entre 3 et 12 degrés au-dessus de l’horizon selon les villes. Dans plusieurs régions, il se couchera avant la fin géométrique de l’éclipse : à Nice, Marseille, Strasbourg, Lyon et Toulouse, le disque échancré disparaît derrière l’horizon alors que la Lune n’a pas achevé son passage. À Paris et à Bordeaux, fin de l’éclipse et coucher du Soleil tombent pratiquement à la même minute.
Le maximum, lui, reste observable partout — à condition de disposer d’un horizon ouest parfaitement dégagé. Évitez les rues encaissées, les bâtiments, les arbres et les reliefs dans cette direction ; privilégiez le bord de mer ou un point haut. Repérez votre site aujourd’hui, pas demain à 20 h, et installez-vous une quinzaine de minutes avant l’heure de début : le phénomène est progressif.
Pour votre commune exactement — et non pour la grande ville la plus proche — l’IMCCE met à disposition son calculateur ÉclipSEOP.
Sécurité : il n’y a aucun moment sans danger
C’est le point le plus important de cet article. En France, l’éclipse reste partielle du début à la fin. Il n’existe donc à aucun instant de moment où l’on peut regarder le Soleil sans protection.
Un Soleil masqué à plus de 99 % reste capable de brûler la rétine en quelques secondes. Ces lésions sont indolores au moment de l’exposition et potentiellement irréversibles : on ne sent rien sur le coup, et les troubles visuels peuvent n’apparaître que plusieurs heures plus tard.
Seule protection valable : des lunettes d’éclipse portant le marquage CE et la mention de la norme EN ISO 12312-2:2015. La DGCCRF a publié fin juillet un rappel spécifique à cette éclipse invitant chacun à vérifier ces deux mentions. Si l’une manque, changez de modèle. Contrôlez aussi que les filtres ne sont ni rayés, ni percés, ni pliés.
Ne jamais utiliser : lunettes de soleil (même très foncées), verres fumés, radiographies, CD, pellicule photo, plaques de soudeur non certifiées.
Et surtout : les lunettes d’éclipse ne protègent pas derrière un instrument. Ne regardez jamais à travers des jumelles, un télescope ou un appareil photo, même équipé de lunettes — la concentration de lumière traverse le filtre et détruit l’œil instantanément. Ces instruments exigent des filtres solaires spécifiques montés à l’avant de l’objectif.
Pas de lunettes ? La solution du sténopé
Les points de retrait gratuits sont à sec et les délais de livraison en ligne dépassent désormais la date. Si vous n’avez rien, il reste une méthode parfaitement sûre : la projection.
Percez un petit trou dans un carton, tournez le dos au Soleil, et laissez la lumière traverser le trou pour se projeter sur une feuille blanche placée derrière. Vous verrez apparaître l’image du Soleil grignoté. Une écumoire, une passoire ou même le feuillage d’un arbre produisent le même effet — l’ombre au sol se couvre alors de dizaines de petits croissants. C’est spectaculaire, et le regard ne quitte jamais le sol.
Même principe avec des jumelles ou un télescope : on projette l’image de l’oculaire sur une feuille blanche, sans jamais regarder dedans.
Pour voir la totalité : direction l’Espagne
Seule la bande de totalité offre le spectacle complet — la couronne solaire, la nuit en plein jour, la chute des températures. Elle touche la Galice, traverse le nord de l’Espagne en passant notamment par La Corogne, Oviedo, León, Bilbao et Saragosse, puis rejoint la Méditerranée, Valence et les Baléares, avec jusqu’à 1 min 48 s d’obscurité totale.
Depuis le sud-ouest de la France, comptez une à trois heures de route : Bilbao se situe à la limite nord de la bande, Burgos, Oviedo et Saragosse sont plus confortablement placées. Prévoyez large côté circulation — des centaines de milliers de personnes convergent vers cette bande.
La météo s’annonce favorable
Bonne nouvelle : Météo-France prévoit pour mercredi une situation calme et anticyclonique, avec un ciel généralement dégagé sur la plupart du pays à l’heure de l’éclipse. Quelques orages pourront encore concerner les Pyrénées et les Alpes, tandis que des nuages peu épais sont possibles de l’est de la Bretagne au Massif central.
Le principal piège reste local : le Soleil sera très bas sur l’horizon ouest. Un simple banc de nuages placé dans cette direction pourra suffire à masquer le phénomène, même sous un ciel largement bleu. Si votre secteur s’annonce couvert, un déplacement de quelques dizaines de kilomètres peut suffire.
Pourquoi c’est un rendez-vous historique
L’Espagne n’avait plus connu une éclipse totale comparable depuis 1905. Une éclipse hybride avait bien effleuré le nord-ouest de la péninsule en 1912, mais sa phase critique n’avait duré que quelques secondes.
Pour la France métropolitaine, la prochaine éclipse totale n’aura pas lieu avant 2081. Autrement dit : pour la plupart d’entre nous, une éclipse aussi profonde ne se représentera pas. Les plus mordus noteront toutefois une consolation rapide — le 2 août 2027, une nouvelle éclipse totale traversera le sud de l’Espagne, l’Afrique du Nord, l’Arabie saoudite et le Yémen.
Dernier détail à savourer : l’éclipse se produit à la nouvelle Lune, précisément au moment où les Perséides atteignent leur maximum dans la nuit du 12 au 13 août. Aucun clair de Lune ne viendra donc gêner l’observation — sous un ciel sombre, on peut espérer jusqu’à 80 météores par heure. Après l’éclipse, les étoiles filantes prendront le relais.

