Certains mois offrent un beau rendez-vous. Août 2026 en aligne une demi-douzaine — et concentre les trois plus grands sur une seule journée. Le 12 août, les observateurs français assisteront successivement à un alignement de six planètes avant l’aube, à une éclipse de Soleil couvrant plus de 90 % de notre étoile en soirée, puis au maximum des Perséides sous un ciel sans Lune. Une conjonction de circonstances qui ne se reproduira pas de sitôt. Voici votre guide complet.
Le 12 août : l’éclipse de Soleil de la décennie
C’est l’événement de l’année, et probablement du demi-siècle pour la France. Le mercredi 12 août au soir, la Lune viendra masquer le Soleil lors d’une éclipse totale dont la bande de totalité traversera le Groenland, l’Islande, puis le nord de l’Espagne jusqu’aux Baléares. Ce sera la première éclipse totale sur le continent espagnol depuis 1905.
La France métropolitaine reste en dehors de cette bande — la totalité passe au sud des Pyrénées — mais l’éclipse y sera partielle et exceptionnellement profonde. Le Soleil sera masqué à environ 90 % dans le Nord-Est (Lille, Strasbourg), 92 % à Paris, 94 % à Lyon, 96 % à Marseille, 97 % à Bordeaux et Montpellier, 98 % à Toulouse, et jusqu’à près de 99,5 % dans le Pays basque (Bayonne, Biarritz). Un tel taux ne se reproduira pas avant plusieurs décennies chez nous : la prochaine éclipse totale visible depuis la France métropolitaine n’aura pas lieu avant 2081.
Les horaires : la phase partielle se déroule approximativement de 19 h 18 à 21 h 16, avec un maximum situé entre 20 h 14 et 20 h 27 selon la ville (heure légale française). Attention, le Soleil sera alors très bas sur l’horizon ouest. Un horizon dégagé vers l’ouest ou l’ouest-nord-ouest est indispensable : depuis une rue encaissée ou derrière une colline, vous ne verrez rien du tout. Repérez votre site d’observation à l’avance.
Sécurité — non négociable : on ne regarde jamais le Soleil à l’œil nu, même masqué à 99 %. Ni avec des lunettes de soleil, ni à travers un appareil photo, des jumelles ou un télescope non équipés de filtres adaptés. Les lésions de la rétine sont irréversibles et surviennent sans aucune douleur. La seule solution sûre : des lunettes d’éclipse certifiées ISO 12312-2, en bon état et non rayées. Procurez-vous-les dès maintenant — les astronomes signalent déjà des tensions sur les stocks.
Pour voir la totalité et la couronne solaire, il faudra franchir les Pyrénées : le nord de l’Espagne offre jusqu’à environ 1 min 48 s d’obscurité totale. Sur la ligne centrale, au-dessus de l’Atlantique Nord, la totalité atteindra même 2 min 19 s.
La même nuit : les Perséides sans Lune
Le hasard fait bien les choses. Puisqu’une éclipse de Soleil implique une nouvelle Lune, celle-ci tombe précisément le 12 août — soit la veille du maximum des Perséides, dans la nuit du 12 au 13 août.
Autrement dit : aucune lumière lunaire pour parasiter l’observation, dans la meilleure configuration possible. Le taux horaire zénithal attendu atteint 100 météores, et depuis un site épargné par la pollution lumineuse, on peut espérer voir entre 50 et 100 étoiles filantes par heure au plus fort de l’essaim.
Le radiant se situe dans la constellation de Persée : le 13 août à 2 h 30 du matin, il sera déjà à 41° au-dessus de l’horizon nord-est. Nul besoin d’instrument — au contraire, jumelles et télescopes réduisent le champ de vision et vous feront rater le spectacle. Installez-vous confortablement, laissez vos yeux s’adapter à l’obscurité pendant vingt bonnes minutes, et armez-vous de patience : le ciel se zèbre parfois de plusieurs traces en quelques secondes, parfois il faut attendre plusieurs minutes. L’essaim reste actif du 17 juillet au 24 août, donc les nuits voisines valent aussi le détour.
Le 12 août au matin : six planètes en arc de cercle
Complétez la journée par un réveil matinal. Avant le lever du Soleil le 12 août, six planètes — Mercure, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune — dessineront un grand arc dans le ciel du matin.
Tempérez toutefois vos attentes : Uranus et Neptune exigent jumelles ou télescope, et Jupiter, de retour dans le ciel du matin après sa conjonction solaire du 29 juillet, restera très basse dans les lueurs de l’aube malgré sa magnitude de −1,8. Ne pointez jamais de jumelles ou de télescope vers l’horizon quand le Soleil est sur le point de se lever.
Le reste du mois, jour par jour
Vénus, l’étoile du soir. Durant la première quinzaine, Vénus est la seule planète vraiment facile à observer le soir : cherchez cette « étoile » très brillante à l’ouest après le coucher du Soleil — sa lumière ne scintille pas, contrairement aux étoiles. Elle atteint sa plus grande élongation orientale le 15 août.
14 août — Juste après le coucher du Soleil, tentez de repérer un très fin croissant lunaire, illuminé à environ 6 %, au-dessus de l’horizon ouest. Un joli défi d’observation.
15 août — Conjonction serrée entre Mercure et Jupiter, séparées de moins de 1°, à peine plus que le diamètre de la pleine Lune. L’observation ne sera pas simple : vers 6 h 15, Jupiter ne se trouve qu’à 3° au-dessus de l’horizon est, avec Mercure juste au-dessus. Plus vous attendez, plus le duo monte, mais plus les lueurs de l’aube l’effacent.
16 août — Un fin croissant de Lune rejoint Vénus dans le ciel du soir. Une scène très photogénique.
Nuit du 27 au 28 août — La pleine Lune, dite « Lune de l’esturgeon », subit une éclipse lunaire partielle profonde. Contrairement à l’éclipse solaire, celle-ci s’observe sans aucune protection, à l’œil nu.
29 août — Rapprochement entre Mars et l’amas des Pléiades, séparés d’un peu plus de 4°. Vers 5 h du matin, tous deux se trouvent à 11° au-dessus de l’horizon est-nord-est.
Le ciel profond : profitez de la nouvelle Lune
Autour du 12 août, les nuits sans Lune sont idéales pour partir à la chasse aux objets du ciel profond. Les constellations d’été dominent : le Sagittaire, la Lyre, l’Écu de Sobieski et le Cygne.
Quelques cibles faciles pour la saison : la nébuleuse de la Lagune (M8) et la nébuleuse Trifide (M20) dans le Sagittaire, la nébuleuse de l’Anneau (M57) dans la Lyre, et l’amas du Canard sauvage (M11) dans l’Écu. Le tout sur fond de Voie lactée estivale, à son plus beau depuis un site sombre.

