Les astronomes pensent avoir assisté à l’un des événements les plus rares du cosmos : un trou noir de masse intermédiaire en train de déchirer, puis d’engloutir, une naine blanche. Le télescope spatial Einstein Probe a saisi l’explosion dès ses premiers instants, révélant une série de flashs de rayons X sans équivalent connu. Si l’interprétation se confirme, ce serait la première preuve observationnelle directe de ce type de festin cosmique. Les résultats ont été publiés en couverture de la revue Science Bulletin et annoncés le 25 juin 2026.
Un sursaut hors normes repéré le 2 juillet 2025
Le 2 juillet 2025, lors d’un balayage de routine du ciel, le télescope grand champ à rayons X (WXT) de l’Einstein Probe — une mission menée par la Chine — a détecté une source X exceptionnellement brillante, dont l’éclat variait très rapidement. L’objet, désigné EP250702a (également GRB 250702B), s’est aussitôt distingué des sources X habituelles. Au même moment, le télescope Fermi de la NASA repérait plusieurs sursauts gamma venant de la même région du ciel, déclenchant une vague d’observations de suivi dans le monde entier.
Une chronologie qui ne colle pas à un sursaut gamma classique
En examinant les données antérieures, les chercheurs ont compris que l’événement sortait de l’ordinaire. Le WXT avait déjà détecté une émission X stable au même endroit environ un jour avant l’apparition des sursauts gamma — une séquence rarement associée à ces explosions. Puis, à peu près 15 heures après la première détection, la source s’est embrasée en une série de flashs X intenses. À son maximum, elle a atteint une luminosité d’environ 3 × 10⁴⁹ erg/s, ce qui en fait l’un des sursauts instantanés les plus brillants jamais enregistrés. Pour Dongyue Li (NAOC), premier auteur de l’étude, ce signal X précoce est la clé : il montre qu’il ne s’agissait pas d’un sursaut gamma ordinaire.
Un trou noir de masse intermédiaire qui dévore une naine blanche
Grâce à la position précise fournie par le WXT, les grands télescopes ont pu pointer la source : elle se trouve en périphérie d’une galaxie lointaine, et non en son centre. Le second instrument de l’Einstein Probe, le télescope de suivi (FXT), a alors suivi l’évolution de l’événement. En une vingtaine de jours, sa luminosité a chuté d’un facteur supérieur à 100 000, tandis que son émission glissait des rayons X « durs » vers les « mous ». Ce faisceau de caractéristiques — émission X avant le sursaut gamma, brillance extrême, évolution très rapide, position excentrée — déjoue les modèles existants. Après avoir passé en revue plusieurs scénarios, l’équipe retient comme hypothèse la plus solide celle d’un trou noir de masse intermédiaire déchirant une naine blanche.
Pourquoi ça compte
Les trous noirs de masse intermédiaire sont le « chaînon manquant » longtemps recherché entre les trous noirs stellaires et les géants supermassifs au cœur des galaxies. Les surprendre en pleine activité est difficile, et les voir disloquer une naine blanche — le cœur dense d’une étoile morte — est plus rare encore. Si elle se confirme, cette observation offrirait une nouvelle façon de traquer ces trous noirs insaisissables et de comprendre comment ils se nourrissent.


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