Actualités spatiales

Blue Origin reconstruira le pas de tir de New Glenn

📅 02 juillet 2026 ✍ Théo

Un mois après l’explosion qui a détruit une fusée New Glenn et endommagé son pas de tir en Floride, Blue Origin a tranché : l’entreprise de Jeff Bezos ne reconstruira pas l’installation à l’identique. Dans une mise à jour publiée le 30 juin 2026, son PDG Dave Limp a annoncé le passage à une nouvelle configuration de lancement, dite « hybride », censée permettre un retour en vol avant la fin de l’année.

Un pas de tir dévasté le 28 mai

Le 28 mai 2026, lors d’un essai à feu statique au Launch Complex 36A (LC-36A) de Cape Canaveral, la fusée New Glenn a explosé, détruisant le lanceur et une partie des infrastructures. Blue Origin préparait alors un tir de 48 satellites de la constellation Amazon Leo. Parmi les équipements perdus figurent la tour paratonnerre, le transporteur-érecteur — l’engin qui achemine la fusée jusqu’au pas de tir et la redresse à la verticale — et des vérins hydrauliques. La FAA avait suspendu les lancements en attendant l’identification de la cause.

Pas de reconstruction à l’identique

Plutôt que de reconstruire le même pas de tir, Blue Origin bascule vers une configuration « horizontale/verticale hybride » sur le LC-36A. L’entreprise ne repart pas de zéro : elle réutilise un concept d’opérations qu’elle développait déjà pour une future version géante de New Glenn, la « 9×4 », sur un second pas de tir voisin (le LC-36B). Selon Dave Limp, cette approche présente un avantage supplémentaire : augmenter la cadence de tir.

Comment fonctionnera le nouveau pas de tir

Le principe : les étages de la fusée sont assemblés à l’horizontale dans le bâtiment d’intégration, puis l’ensemble est amené sur le pas de tir, où une grue le redresse à la verticale ; la charge utile n’est installée qu’ensuite, une fois la fusée dressée. Ce mode de fonctionnement contourne élégamment la perte du transporteur-érecteur, l’un des équipements détruits par l’explosion. Pour mémoire, la New Glenn actuelle est une version « 7×2 » capable de placer environ 45 tonnes en orbite basse ; la future « 9×4 » (neuf moteurs BE-4 au premier étage, quatre BE-3U au second) visera près de 70 tonnes, avec une coiffe plus large.

Le pari du calendrier

À la date du 30 juin, la récupération des débris était achevée et la reconstruction du pas de tir avait commencé ; le bâtiment d’intégration, la ferme à ergols et les tours d’accès et à eau ont été épargnés. L’enquête, elle, se poursuit : [selon une analyse préliminaire, l’origine de l’anomalie se situerait dans la section arrière du premier étage — cause non confirmée à ce stade]. L’enjeu est de taille pour la NASA : New Glenn doit lancer l’atterrisseur lunaire Blue Moon Mark 1 dès cette année, puis une version habitée Mark 2 pour la mission Artemis III (mi-2027), en plus des satellites d’Amazon et d’AST SpaceMobile. Le responsable de la NASA, Jared Isaacman, s’est dit confiant : selon lui, l’agence dispose d’une marge « jusqu’en 2027 » avant de s’inquiéter, tout en ayant exploré des solutions de repli.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *