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3I/ATLAS serait plus vieille que le Système solaire

📅 24 juin 2026 ✍ Théo

Quelques mois après la détection de méthane à sa surface, la comète interstellaire 3I/ATLAS livre une nouvelle surprise : elle serait bien plus vieille que notre Système solaire. Selon une étude publiée le 22 juin 2026 dans la revue Nature, menée par Martin Cordiner (Université catholique d’Amérique / NASA Goddard), ce visiteur venu d’ailleurs pourrait avoir entre 10 et 12 milliards d’années — contre environ 4,6 milliards pour le Soleil et ses planètes.

Une comète plus vieille que le Soleil

3I/ATLAS est seulement le troisième objet interstellaire jamais observé, après 1I/’Oumuamua (2017) et 2I/Borisov (2019). Mais c’est le premier assez brillant pour qu’on puisse analyser finement sa composition isotopique — la clé de son âge. Selon l’auteur principal, ce pourrait même être le plus ancien objet jamais observé dans notre Système solaire, même s’il reconnaît que d’autres scénarios, plus marginaux, pourraient expliquer sa chimie singulière.

La signature du deutérium

Le premier indice tient à l’hydrogène lourd, ou deutérium. En analysant les gaz éjectés par la comète à l’aide du télescope James Webb et de l’observatoire ALMA (Chili), l’équipe a mesuré une proportion de deutérium environ 30 fois supérieure à celle des comètes de notre Système solaire. Or l’abondance de deutérium diminue au fil du temps dans la galaxie : une telle surabondance pointe vers une formation très ancienne, dans un milieu extrêmement froid et chimiquement peu évolué.

Le carbone 13, second indice

La deuxième empreinte vient du carbone. Le rapport entre carbone 12 et carbone 13, mesuré dans le dioxyde et le monoxyde de carbone de la comète, est nettement plus élevé que dans les comètes locales : de l’ordre de 147 pour 1 dans le CO et 166 pour 1 dans le CO₂, contre 80 à 95 pour 1 dans le Système solaire. Comme le carbone 13 s’accumule lentement au fil des générations d’étoiles, ce déficit trahit là encore une origine très précoce dans l’histoire cosmique.

Née dans le grand froid de l’Univers jeune

Mises bout à bout, ces signatures dessinent un scénario : 3I/ATLAS se serait formée à très basse température (au plus 30 kelvins, soit environ –243 °C), loin de toute étoile, dans une région bien protégée d’un disque protoplanétaire. Le tout au plus fort de la formation stellaire dans l’Univers, il y a 10 à 12 milliards d’années. Sa couleur très rougie, signe d’une longue exposition aux rayons cosmiques, va dans le même sens.

Un objet qui file, et ne reviendra pas

Découverte le 1er juillet 2025 par le programme ATLAS, la comète est l’objet interstellaire le plus rapide et le plus incliné jamais détecté : elle est entrée dans le Système solaire à environ 58 km/s. Après son passage au plus près du Soleil le 29 octobre 2025, elle file désormais vers les confins. [Selon les estimations, son noyau mesure environ 2,6 km ; elle croise actuellement la région de Saturne et devrait quitter le Système solaire vers 2035.] À noter : sa trajectoire seule, longtemps mise en avant pour estimer son âge, reste un indice fragile — ce sont bien les isotopes qui font la force de cette nouvelle étude.

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