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Starship atteint l’orbite pour la première fois (Flight 14)

📅 28 septembre 2026 ✍ Théo

C’est le cap que le programme attendait depuis 2023. Le lundi 28 septembre 2026, la mégafusée Starship de SpaceX a décollé de Starbase, au Texas, à 7 h 48 heure locale (14 h 48 à Paris) et a atteint l’orbite terrestre pour la première fois de son histoire. Elle y a déployé 26 satellites Starlink V3, les premiers destinés à rester en service. Le vol n’a pourtant pas été parfait : un moteur de l’étage supérieur s’est éteint prématurément, le booster n’a pas rallumé tous ses moteurs comme prévu, et SpaceX a écourté la mission, qui devait durer près de dix heures, à un peu plus de trois.

Un décollage après six jours de report

Le tir avait été repoussé de six jours par rapport à la date initialement visée. Ce lundi, tout s’est enchaîné : les 33 moteurs Raptor du booster Super Heavy se sont allumés, et la fusée a quitté le pas de tir dans un ciel dégagé. Il s’agit du quatorzième vol d’essai du système, et du premier sur une trajectoire orbitale : les treize précédents étaient volontairement suborbitaux, l’étage supérieur retombant dans l’océan avant d’avoir bouclé un tour de la Terre.

Un moteur perdu en montée, mais l’orbite tenue

C’est le moment de tension du vol. Pendant la combustion de montée, l’un des six moteurs de l’étage supérieur, baptisé Ship 41, s’est arrêté plus tôt que prévu. Le vaisseau a compensé pour terminer sa poussée, mais l’incident a conduit SpaceX à envisager de renoncer à la mise en orbite. Après évaluation, l’équipe a jugé la trajectoire suffisamment sûre et a donné son feu vert.

Le vaisseau a alors rallumé l’un de ses moteurs Raptor en vol pour circulariser sa trajectoire, la manœuvre d’insertion orbitale étant prévue environ 25 minutes après le décollage, à quelque 275 kilomètres d’altitude. Elle a réussi.

26 satellites Starlink V3 déployés : une première

C’est l’un des deux objectifs principaux du vol. Peu après l’insertion, Ship 41 a largué ses 26 satellites Starlink de troisième génération. Jusqu’ici, les vols de Starship n’avaient emporté que des simulateurs de satellites, ou de véritables engins conçus pour se consumer dans l’atmosphère peu après leur largage, comme lors du Flight 13 en juillet. Cette fois, il s’agit des premiers Starlink V3 placés en orbite pour un usage continu.

Cela fait aussi de ce vol la première mission de Starship à rapporter de l’argent à SpaceX : le réseau Starlink est la principale source de revenus de l’entreprise, et Starship doit à terme remplacer la Falcon 9 pour construire la nouvelle génération de la constellation.

Le booster, point faible du vol

Le bilan est plus contrasté pour le premier étage. Selon CNN, le Super Heavy n’a pas rallumé tous ses moteurs comme prévu pendant sa descente. Son amerrissage dans le golfe du Mexique s’est toutefois déroulé sans incident majeur : le porte-parole de SpaceX, Dan Huot, l’a décrit comme un amerrissage « plutôt doux ». SpaceX avait déjà ajusté les moteurs pour éviter ce type de problème après le vol précédent, où le booster s’était écrasé dans le golfe, et les ingénieurs devront sans doute poursuivre ces réglages.

Trois heures de vol au lieu de dix

Le profil initial prévoyait environ six orbites et près de dix heures de mission. SpaceX a préféré saisir le premier point de contrôle programmé pour ramener le vaisseau. L’étage supérieur a réalisé sa manœuvre de désorbitation, traversé l’atmosphère, puis s’est posé en douceur dans le Pacifique Nord, vers 15 h 58 temps universel, soit 3 heures et 9 minutes après le décollage. Le site d’amerrissage n’était pas celui du plan initial, qui visait l’ouest du Chili : il découle du raccourcissement de la mission.

SpaceX n’a pas précisé ce qui avait motivé cette décision. L’entreprise considère malgré tout le vol comme un succès, les deux objectifs majeurs étant atteints : l’orbite et le déploiement des satellites.

Pourquoi ce vol compte

Ce jalon arrive à une date symbolique : c’est exactement dix-huit ans jour pour jour après le premier vol orbital réussi de la Falcon 1, la petite fusée qui, le 28 septembre 2008, était devenue la première fusée à ergols liquides d’origine privée à atteindre l’orbite, après trois échecs.

L’enjeu est aussi lunaire. Starship doit servir d’atterrisseur pour les astronautes du programme Artemis de la NASA, avec un objectif d’alunissage en 2028 : atteindre l’orbite était un préalable indispensable. Reste la partie la plus délicate, comme nous l’expliquions après le Flight 13 : démontrer le transfert d’ergols d’un vaisseau à l’autre en orbite, étape que le rapport du Government Accountability Office identifie comme le principal risque du programme.

[Article rédigé quelques heures après l’amerrissage : les détails du vol peuvent encore être précisés par SpaceX.]

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