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Hera freine pour rejoindre l’astéroïde dévié par DART

📅 19 octobre 2026 ✍ Théo

Après deux ans de voyage, la sonde européenne Hera touche au but. Le 15 octobre, ses moteurs ont fonctionné pendant 93 minutes d’affilée pour la ralentir à l’approche de sa cible : le couple d’astéroïdes Didymos et Dimorphos. Arrivée prévue en novembre. Sa mission : faire le constat, quatre ans après les faits, du premier essai de déviation d’un astéroïde jamais tenté par l’humanité.

Retour sur la scène de l’impact

Le 26 septembre 2022, la sonde DART de la NASA se jetait volontairement, à environ 6,6 kilomètres par seconde, sur Dimorphos, un petit astéroïde de 151 mètres de diamètre. Celui-ci tourne autour d’un astéroïde plus gros, Didymos, d’environ 800 mètres. L’objectif était de vérifier qu’on pouvait modifier la trajectoire d’un astéroïde en le percutant, une technique qui pourrait un jour protéger la Terre d’une collision.

Le test a réussi au-delà des attentes. Le temps que met Dimorphos pour faire le tour de Didymos, un peu moins de 12 heures, a été raccourci d’environ 33 minutes. Aucun des deux astéroïdes n’a jamais menacé la Terre : le couple a été choisi justement parce qu’il permettait de mesurer précisément l’effet du choc depuis le sol.

Mais il manquait une pièce du puzzle. Pour transformer cet essai en véritable méthode de défense planétaire, il faut savoir précisément ce qu’a produit l’impact : la taille du cratère, la masse de Dimorphos, sa structure interne. C’est le travail de Hera.

Un freinage de précision

Lancée le 7 octobre 2024 par une fusée Falcon 9 depuis la Floride, Hera a survolé Mars en mars 2025, frôlant au passage sa petite lune Deimos à environ 300 kilomètres. Le 7 octobre dernier, elle a aperçu sa destination pour la première fois : un simple point lumineux, à environ 236 500 kilomètres de distance.

Le moment était venu de lever le pied. La sonde fonçait en effet bien trop vite pour se placer près des astéroïdes. Le 15 octobre, elle s’est retournée pour pointer ses propulseurs vers sa cible, et trois d’entre eux ont fonctionné ensemble pendant 93 minutes, réduisant sa vitesse par rapport au couple d’astéroïdes de plusieurs centaines de mètres par seconde. Une seconde manœuvre, plus courte, doit suivre environ une semaine plus tard pour affiner sa trajectoire.

Les ingénieurs restent prudents : Dimorphos pourrait s’être mis à tournoyer de façon désordonnée depuis le choc, et il n’est pas exclu que des débris de l’impact traînent encore autour de lui.

Six mois d’enquête

Une fois sur place, Hera doit mener environ six mois d’observations, en plusieurs étapes. D’abord une première reconnaissance du système. Puis le largage de deux petits satellites, de la taille d’une boîte à chaussures, qui l’accompagnent :

  • Milani, qui analysera la composition des deux astéroïdes ;
  • Juventas, qui tentera une première : sonder l’intérieur d’un astéroïde avec un radar, pour savoir si Dimorphos est un bloc compact ou un simple tas de gravats.

Hera se rapprochera ensuite pour photographier le cratère laissé par DART, avec une précision de l’ordre de 10 centimètres. La sonde emporte notamment une caméra, un altimètre laser et une caméra infrarouge fournie par l’agence spatiale japonaise.

L’enjeu dépasse ce seul couple d’astéroïdes : environ 15 % des astéroïdes connus sont en fait des systèmes doubles. Hera sera la première sonde à en étudier un de près. Et si un jour un astéroïde dangereux est repéré, les mesures de Hera permettront de calculer bien plus précisément la force du choc nécessaire pour le dévier.

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