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Ciel d’octobre 2026 : Saturne, Draconides et Orionides

📅 03 octobre 2026 ✍ Théo

Octobre est le mois des amateurs de télescope. Saturne passe à l’opposition dès le dimanche 4, avec des anneaux qui se rouvrent après avoir été vus par la tranche en 2025. Deux essaims d’étoiles filantes se partagent le calendrier : les Draconides, à observer dès le début de soirée, et les Orionides, nées des poussières de la comète de Halley. Et la fin du mois apporte le retour à l’heure d’hiver, qui fait tomber la nuit une heure plus tôt à l’horloge.

À retenir : Saturne à l’opposition le 4 ; Draconides le soir du 8 ; nouvelle Lune le 10 ; Orionides dans la nuit du 21 au 22 ; heure d’hiver dans la nuit du 24 au 25 ; pleine Lune le 26.

Saturne à l’opposition : le rendez-vous du mois

Le dimanche 4 octobre à 14 h 29 (heure de Paris), Saturne est à l’opposition : la Terre se trouve entre elle et le Soleil. La planète se lève au coucher du Soleil, culmine vers minuit et se couche à l’aube. Elle est donc visible toute la nuit, à son plus brillant de l’année. Le même jour, elle passe au plus près de la Terre, à 8,434 unités astronomiques, soit environ 1,26 milliard de kilomètres. Que l’instant exact tombe en plein après-midi ne change rien : les nuits du 3 au 4 et du 4 au 5 sont équivalentes, et toute la première quinzaine reste excellente.

Saturne brille alors à la magnitude 0,3 et son globe mesure 19,7 secondes d’arc. On la trouve dans la Baleine, une constellation pauvre en étoiles brillantes, où elle est de loin l’astre le plus éclatant. En France, elle culmine à environ 40 à 50° de hauteur selon la latitude (un peu plus de 40° à Lille, un peu moins de 50° à Marseille).

Des anneaux qui se rouvrent. En mars 2025, la Terre les a vus exactement par la tranche et ils ont presque disparu. Depuis, ils se redressent : début octobre, ils sont ouverts d’environ 9°, de quoi les voir nettement comme une ellipse. Leur ouverture va continuer à croître dans les prochaines années, jusqu’à près de 27° lors du prochain solstice saturnien.

Ce qu’on peut espérer voir. Aux jumelles, Saturne apparaît comme un petit astre allongé, sans séparation nette des anneaux. Avec une petite lunette ou un petit télescope grossissant au moins 50 fois, l’anneau se détache du globe. Un instrument d’une dizaine de centimètres d’ouverture montre, par air calme, la division de Cassini et l’ombre de la planète projetée sur les anneaux. Le facteur décisif reste la stabilité de l’atmosphère : laissez l’instrument se mettre en température une demi-heure et observez quand la planète est au plus haut.

L’effet Seeliger. Autour de l’opposition, les anneaux gagnent en éclat par rapport au globe : le Soleil étant juste derrière nous, les particules de glace ne se font plus d’ombre entre elles et renvoient la lumière vers nous. Hugo von Seeliger a expliqué ce phénomène en 1887, démontrant au passage que les anneaux sont faits de particules distinctes, et non d’un disque solide.

Titan, le plus gros satellite de Saturne, se repère comme une petite étoile à quelques diamètres de la planète dans un petit instrument. Et pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l’atmosphère de la planète, c’est aussi Saturne qui fait l’actualité scientifique, avec la découverte par Hubble d’une onde atmosphérique à dix côtés autour de son pôle sud.

Draconides : des étoiles filantes en début de soirée

Ces météores sont atypiques : leur radiant, dans la constellation du Dragon, est au plus haut en début de soirée, à l’inverse des grands essaims qui se regardent plutôt avant l’aube. Selon l’International Meteor Organization, l’essaim est actif du 6 au 10 octobre et son maximum est attendu dans la nuit du 8 au 9. Atout majeur cette année : la Lune, à l’approche de la nouvelle Lune du 10, est absente.

Reste à tempérer les attentes. Le taux théorique est faible (environ 5 météores par heure dans des conditions idéales), et les Draconides, issues de la comète 21P/Giacobini-Zinner, entrent lentement dans l’atmosphère, à environ 20 km/s. Mais elles sont connues pour leurs sursauts : en 1933 et 1946, de véritables tempêtes ont été observées, et en 2011, un regain d’activité avait été annoncé à l’avance. Rien de tel n’est prévu en 2026, mais une soirée d’observation ne coûte rien. Le meilleur moment : le soir du jeudi 8 octobre, de la tombée de la nuit jusque vers minuit.

Orionides : les poussières de la comète de Halley

Chaque année, la Terre traverse le sillage de la comète de Halley. Les Orionides, actives du 2 octobre au 7 novembre, atteignent leur maximum le 21 octobre, avec un taux théorique d’environ 20 météores par heure. Ce sont des météores très rapides (environ 66 km/s), qui laissent souvent de longues traînées. Le maximum s’étale sur plusieurs nuits : celles du 20 au 21, du 21 au 22 et du 22 au 23 sont toutes intéressantes.

La Lune, gibbeuse et brillante, gêne en première partie de nuit. Mais elle se couche au cœur de la nuit, et le radiant, situé entre Bételgeuse et les Gémeaux, est alors haut dans le ciel. La consigne de la NASA est la bonne : observez avant l’aube, après le coucher de la Lune. Aucun instrument n’est nécessaire, au contraire : un transat, des vêtements chauds et un ciel loin des éclairages suffisent.

La Lune et le passage à l’heure d’hiver

Nouvelle Lune le samedi 10 octobre à 17 h 50. Les nuits encadrant cette date, approximativement du 8 au 15, sont les plus sombres du mois : la meilleure fenêtre pour le ciel profond.

Retour à l’heure d’hiver. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, à 3 h, les montres reculent d’une heure. L’obscurité arrive alors une heure plus tôt en soirée, au grand bonheur des observateurs.

Pleine Lune le lundi 26 octobre. Elle porte le nom de Lune du chasseur, la pleine Lune qui suit celle des moissons du 26 septembre. Les soirs des 27 et 28, la Lune passe près de l’amas des Pléiades, une belle scène à observer à l’œil nu ou aux jumelles.

Les planètes du mois

Jupiter et Mars, pour les lève-tôt. Jupiter, dans le Lion, est l’astre le plus brillant de la seconde partie de nuit (magnitude −2 environ). Mars, plus discrète, est un petit point orangé qui passe du Cancer au Lion. Deux rendez-vous à l’aube : le 5 octobre, le croissant de Lune passe à environ 1° de Mars, et le 6, il rejoint Jupiter. Des scènes idéales pour un appareil photo sur trépied.

Uranus et Neptune. Uranus (magnitude 5,7), dans le Taureau, se repère aux jumelles à partir de la fin de soirée ; son opposition aura lieu fin novembre. Neptune (magnitude 7,8), dans les Poissons, reste un objet de télescope, non loin de Saturne. Le 22, elle se trouve entre Saturne et une grosse Lune gibbeuse ; le 24, la Lune rejoint Saturne.

Vénus et Mercure, absentes. Vénus quitte le ciel du soir et passe en conjonction inférieure le 24 octobre à 5 h 44, entre la Terre et le Soleil ; le lendemain, elle est au plus près de nous, à environ 41 millions de kilomètres. Elle réapparaîtra à l’aube en novembre. Mercure atteint sa plus grande élongation le 12 octobre, mais reste invisible depuis la France : en automne, l’écliptique du soir est trop couchée sur l’horizon, et la planète demeure noyée dans les lueurs du couchant.

Ciel profond : la saison d’Andromède

Les nuits s’allongent et la Voie lactée reste visible en début de soirée, avec le grand triangle formé par Véga, Deneb et Altaïr haut dans le ciel. Mais octobre marque surtout la saison de la galaxie d’Andromède (M31), qui passe presque au zénith en milieu de nuit à la mi-octobre. Sous un ciel sombre, elle se devine à l’œil nu comme une tache allongée ; aux jumelles, elle s’étend sur plusieurs fois le diamètre de la pleine Lune. Ne grossissez pas trop : son étendue dépasse 3°.

Autres cibles pour les jumelles : la galaxie du Triangle (M33) sous un ciel de campagne, l’amas double de Persée, les Pléiades en fin de soirée, et la nébuleuse de l’Anneau (M57), dans la Lyre, au télescope en début de nuit.

Le calendrier jour par jour

DateÉvénement
3 octobreDernier quartier de Lune
4 octobreOpposition de Saturne (14 h 29), au plus près de la Terre le même jour
5 octobreLe croissant de Lune à environ 1° de Mars, à l’aube
6 octobreLe croissant de Lune près de Jupiter, à l’aube
8 octobre (soir)Draconides, en début de soirée, sans Lune
10 octobreNouvelle Lune (17 h 50)
12 octobrePlus grande élongation de Mercure (invisible depuis la France)
18 octobrePremier quartier de Lune
21-22 octobreOrionides, à observer avant l’aube après le coucher de la Lune
22 octobreNeptune entre Saturne et la Lune gibbeuse
24 octobreConjonction inférieure de Vénus (5 h 44) ; la Lune près de Saturne
25 octobreRetour à l’heure d’hiver (3 h → 2 h)
26 octobrePleine Lune du chasseur
27-28 octobreLa Lune près des Pléiades

Sources : IMCCE / Observatoire de Paris (calendrier astronomique 2026), NASA/JPL (What’s Up, octobre 2026), International Meteor Organization (calendrier des essaims 2026).

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