Nébuleuse de l’Homme qui court — NGC 1977
🌌 Nébuleuse

Nébuleuse de l’Homme qui court — NGC 1977

Réflexion

Juste au nord de la grande nébuleuse d’Orion se cache une silhouette étonnante : celle d’un personnage qui semble courir, bras écartés, à travers un voile de gaz bleuté. La nébuleuse de l’Homme qui court, cataloguée NGC 1977, est l’une des figures les plus amusantes du ciel — et un laboratoire de formation planétaire que le télescope Hubble scrute de près.

Description

Située à environ 1 500 années-lumière de la Terre, dans l’épée d’Orion, l’Homme qui court est avant tout une nébuleuse par réflexion : ses poussières diffusent la lumière bleue des jeunes étoiles chaudes qui l’habitent, sans produire de lumière propre. L’ensemble appartient à la région de formation stellaire Sh2-279, à un demi-degré seulement au nord de la nébuleuse d’Orion, et regroupe en réalité trois nébulosités du catalogue NGC — NGC 1973, NGC 1975 et NGC 1977, la plus vaste et la plus brillante — ainsi que le jeune amas ouvert NGC 1981. La fameuse silhouette du coureur n’est pas faite de gaz lumineux : ce sont les veines de poussière sombre qui séparent les trois nébuleuses qui dessinent, en négatif, ce personnage en pleine course.

L’étoile 42 Orionis et ses proplydes

La principale source d’énergie de la région est 42 Orionis, une jeune étoile bleue de type B environ douze fois plus massive que le Soleil, en réalité un système triple. Son rayonnement ultraviolet excite et illumine la nébuleuse. En 2016, le télescope spatial Hubble y a fait une découverte marquante : sept proplydes — des disques protoplanétaires entourant de très jeunes étoiles — tous orientés vers 42 Orionis, qui les érode par photoévaporation. C’était la première fois que les astronomes observaient une étoile de type B, et non une étoile O bien plus puissante, en train d’évaporer ainsi des disques où pourraient naître des planètes. En 2021, Hubble y a également immortalisé un jet de plasma long de plus de deux années-lumière, craché par l’étoile naissante Parengo 2042.

Découverte

La nébulosité principale fut repérée dès 1786 par William Herschel, qui nota simplement une brume autour de 42 Orionis. Les deux compagnes, NGC 1973 et NGC 1975, furent identifiées par Heinrich d’Arrest dans les années 1860. Quant à la silhouette du coureur, elle n’a été popularisée qu’à l’ère de l’astrophotographie moderne, seule capable de révéler le contraste entre le bleu des poussières et les chenaux sombres qui dessinent le personnage.

Observation

L’Homme qui court se trouve à un demi-degré au nord de la nébuleuse d’Orion (M42) : il suffit de pointer la célèbre nébuleuse et de glisser légèrement vers le nord. Dans un télescope de 100 mm et plus, sous un bon ciel, on distingue une nébulosité laiteuse autour de 42 et 45 Orionis ; la silhouette du coureur, elle, reste l’apanage de la photographie. Les astrophotographes adorent cadrer ensemble M42 et l’Homme qui court : le duo, l’un rouge flamboyant, l’autre bleu électrique, compose l’un des paysages les plus photogéniques du ciel d’hiver.

Questions fréquentes

D’où vient la silhouette de l’homme qui court ?
Des bandes de poussière sombre qui séparent les trois nébuleuses par réflexion du complexe. Vues en photographie, ces zones opaques dessinent en négatif un personnage bras et jambes écartés, comme figé en pleine course.

Peut-on la voir en même temps que la nébuleuse d’Orion ?
Oui. Les deux objets ne sont séparés que d’un demi-degré, soit la taille apparente de la pleine lune : ils tiennent ensemble dans le champ d’une paire de jumelles ou d’une photo grand champ.