Se mettre en orbite autour de Mercure est un casse-tête : si près du Soleil, tout engin spatial fonce trop vite. La sonde MESSENGER de la NASA a relevé le défi en 2011, après six ans et demi de voyage et une trajectoire d’une rare ingéniosité.
Un long chemin pour freiner
Lancée en 2004, MESSENGER a dû survoler une fois la Terre, deux fois Vénus et trois fois Mercure elle-même pour perdre assez de vitesse. Le 18 mars 2011, elle devenait le premier satellite artificiel de la planète la plus proche du Soleil.
De la glace aux portes du Soleil
Sa découverte la plus spectaculaire : de la glace d’eau au fond des cratères polaires de Mercure, plongés dans une ombre éternelle où la température reste glaciale malgré la fournaise environnante. La sonde a aussi cartographié l’intégralité de la planète et découvert d’étranges dépressions, les « hollows ».
Une fin à l’image de la mission
À court de carburant, MESSENGER s’est écrasée volontairement sur Mercure le 30 avril 2015, ajoutant un dernier cratère à la planète qu’elle avait entièrement dévoilée.
MESSENGER a découvert de la glace d'eau sur la planète la plus proche du Soleil : au fond des cratères polaires de Mercure, jamais éclairés, la température reste assez basse pour préserver la glace depuis des milliards d'années.
Question fréquente
Pourquoi a-t-il fallu 6 ans et demi à MESSENGER pour atteindre Mercure ?
Le problème n'est pas la distance mais la vitesse : en « tombant » vers le Soleil, une sonde accélère énormément. MESSENGER a dû enchaîner six survols planétaires — Terre, Vénus et Mercure elle-même — pour freiner suffisamment et pouvoir s'insérer en orbite en 2011.
