Lancée en mai 1989 depuis la soute de la navette Atlantis — une première pour une sonde planétaire —, Magellan avait une mission : percer les nuages opaques de Vénus grâce à son radar et dresser la première carte détaillée de la planète voilée.
Voir à travers les nuages
Impossible de photographier la surface de Vénus depuis l’orbite : ses nuages d’acide la masquent intégralement. Le radar à synthèse d’ouverture de Magellan a contourné l’obstacle, cartographiant 98 % de la planète avec une résolution inédite entre 1990 et 1994.
Un monde volcanique figé
Les cartes de Magellan ont révélé un monde façonné par le volcanisme : vastes plaines de lave, dômes en « crêpes », milliers d’édifices volcaniques — mais aucune tectonique des plaques. La rareté des cratères suggère que la surface entière a été renouvelée il y a quelques centaines de millions d’années.
Un sacrifice scientifique
En fin de mission, Magellan a expérimenté l’aérofreinage dans la haute atmosphère vénusienne, une technique aujourd’hui courante. Le 13 octobre 1994, la sonde a plongé volontairement vers la planète qu’elle avait dévoilée.
Magellan fut la première sonde interplanétaire lancée depuis une navette spatiale : larguée en orbite terrestre par Atlantis en mai 1989, elle a ensuite allumé son propre étage pour s'élancer vers Vénus.
Question fréquente
Comment Magellan a-t-elle pu cartographier Vénus malgré les nuages ?
Grâce à un radar à synthèse d'ouverture : les ondes radio traversent sans peine les nuages d'acide sulfurique, se réfléchissent sur la surface et révèlent le relief. En quatre ans, cette technique a permis de cartographier 98 % de la planète avec un détail de quelques centaines de mètres.
