🚀 Mission Spatiale

Magellan

Fiche publiée le 13 juin 2026

Lancée en mai 1989 depuis la soute de la navette Atlantis (une première pour une sonde planétaire), Magellan avait une mission : percer les nuages opaques de Vénus grâce à son radar et dresser la première carte détaillée de la planète voilée.

Voir à travers les nuages

Impossible de photographier la surface de Vénus depuis l’orbite : ses nuages d’acide la masquent intégralement. Le radar à synthèse d’ouverture de Magellan a contourné l’obstacle, cartographiant 98 % de la planète avec une résolution inédite entre 1990 et 1994.

Un monde façonné par le volcanisme

Les cartes de Magellan ont révélé un monde façonné par le volcanisme : vastes plaines de lave, dômes en « crêpes », milliers d’édifices volcaniques, mais aucune tectonique des plaques. La rareté des cratères suggère que la surface entière a été renouvelée il y a quelques centaines de millions d’années.

Les archives de Magellan continuent de produire des découvertes. Une étude publiée en 2023 a identifié, sur deux images prises en 1991, un changement de forme et de taille d’une bouche volcanique associée à Maat Mons. Les chercheurs l’interprètent comme le signe d’une éruption survenue entre les deux observations : les cartes renseignent donc aussi sur une activité volcanique à l’époque de la mission.

Un sacrifice scientifique

En fin de mission, Magellan a expérimenté l’aérofreinage dans la haute atmosphère vénusienne, une technique aujourd’hui courante. Le 13 octobre 1994, la sonde a plongé volontairement vers la planète qu’elle avait dévoilée.

Le saviez-vous ?

Magellan fut la première sonde interplanétaire lancée depuis une navette spatiale : larguée en orbite terrestre par Atlantis en mai 1989, elle a ensuite allumé son propre étage pour s'élancer vers Vénus.

Question fréquente

Comment Magellan a-t-elle pu cartographier Vénus malgré les nuages ?

Grâce à un radar à synthèse d'ouverture : les ondes radio traversent sans peine les nuages d'acide sulfurique, se réfléchissent sur la surface et révèlent le relief. En quatre ans, cette technique a permis de cartographier 98 % de la planète avec un détail de quelques centaines de mètres.