Hera est la première mission de défense planétaire de l’Agence spatiale européenne (ESA). Lancée le 7 octobre 2024, la sonde doit arriver en novembre 2026 auprès du couple d’astéroïdes Didymos et Dimorphos, pour étudier les conséquences de l’impact de la sonde DART de la NASA, qui avait volontairement percuté Dimorphos en 2022.
Le second volet d’un test de défense planétaire
Le 26 septembre 2022, DART s’est écrasée sur Dimorphos, un astéroïde de 151 mètres qui tourne autour d’un plus gros, Didymos (environ 800 mètres). Le choc a raccourci d’environ 33 minutes la période orbitale de Dimorphos, prouvant qu’on peut dévier un astéroïde en le percutant. Mais pour transformer cet essai en méthode fiable, il faut connaître précisément la masse de Dimorphos, sa structure et la taille du cratère. C’est le rôle de Hera.
Le voyage
Lancée par une fusée Falcon 9 depuis la Floride, Hera a survolé Mars le 12 mars 2025, en passant à environ 300 kilomètres de sa petite lune Deimos. Elle a aperçu sa cible pour la première fois le 7 octobre 2026, sous la forme d’un simple point lumineux, puis a freiné pendant 93 minutes le 15 octobre pour se préparer à son arrivée.
Six mois d’enquête sur place
Une fois arrivée, Hera doit mener environ six mois d’observations. Elle larguera deux petits satellites : Milani, qui analysera la composition des astéroïdes, et Juventas, qui tentera de sonder l’intérieur d’un astéroïde au radar, une première. La sonde cartographiera aussi le cratère de DART avec une précision de l’ordre de 10 centimètres, grâce notamment à une caméra, un altimètre laser et une caméra infrarouge fournie par l’agence spatiale japonaise.
Les noms viennent du grec. Didymos signifie « jumeau », et Dimorphos « deux formes » : un nom choisi parce que l'impact de DART devait justement modifier la forme de ce petit astéroïde. Hera, elle, porte le nom de la déesse grecque du mariage, une allusion à ce couple d'astéroïdes.
Question fréquente
Didymos et Dimorphos menacent-ils la Terre ?
Non. Ce couple d'astéroïdes ne présente aucun danger pour la Terre, avant comme après l'impact de DART. Il a été choisi justement parce que c'était un terrain d'essai sûr, et parce que la durée de l'orbite de Dimorphos autour de Didymos pouvait être mesurée précisément depuis le sol.
