Le 17 juillet 1975, à 225 km au-dessus de l’Elbe, un vaisseau Apollo s’amarre à un Soyouz soviétique. Quand l’écoutille s’ouvre, Thomas Stafford et Alexeï Léonov échangent une poignée de main retransmise dans le monde entier : la course à l’espace vient officiellement de s’achever.
Une prouesse diplomatique et technique
Faire coopérer deux programmes rivaux exigea des années : systèmes d’amarrage incompatibles, atmosphères différentes, barrière de la langue. Les ingénieurs conçurent un module d’amarrage androgyne servant de sas, et les équipages apprirent chacun la langue de l’autre.
Deux jours ensemble en orbite
Pendant 44 heures, les cinq hommes circulent entre les vaisseaux, partagent repas et expériences scientifiques, et donnent des conférences de presse communes. Léonov, premier marcheur de l’espace, dessine même les portraits de ses hôtes.
L’héritage
Dernier vol d’un vaisseau Apollo, cette mission a posé les bases de la coopération qui mènera aux vols navette-Mir puis à la Station spatiale internationale.
Pour Apollo-Soyouz, chaque équipage parlait la langue de l'autre — et Léonov plaisantait en disant que la mission utilisait trois langues : le russe, l'anglais... et le « russlish » de Stafford, dont l'accent de l'Oklahoma était légendaire.
Question fréquente
Pourquoi a-t-il fallu un module spécial entre Apollo et Soyouz ?
Les deux vaisseaux étaient incompatibles : systèmes d'amarrage différents, et surtout atmosphères différentes — oxygène pur à basse pression côté Apollo, mélange azote-oxygène proche de l'air côté Soyouz. Le module d'amarrage servait à la fois d'adaptateur mécanique et de sas de transition.
