Nébuleuse de l’Iris — NGC 7023
🌌 Nébuleuse

Nébuleuse de l’Iris — NGC 7023

Réflexion

La nébuleuse de l’Iris, cataloguée NGC 7023, est l’une des plus belles nébuleuses par réflexion du ciel. Ses volutes bleutées, qui évoquent les pétales de la fleur d’iris, en font une cible favorite des astrophotographes — et un laboratoire de chimie cosmique qui a réservé de belles surprises aux astronomes.

Description

Située à environ 1 300 à 1 400 années-lumière de la Terre dans la constellation de Céphée, la nébuleuse de l’Iris s’étend sur quelque six années-lumière. Contrairement aux nébuleuses en émission, qui produisent leur propre lumière sous l’effet du rayonnement d’étoiles très chaudes, une nébuleuse par réflexion se contente de réfléchir la lumière d’une étoile voisine. Ici, c’est l’étoile HD 200775, un astre jeune, chaud et massif d’environ dix masses solaires, qui illumine les poussières environnantes. Ces grains de poussière diffusent plus efficacement la lumière bleue que la rouge — le même phénomène qui rend notre ciel bleu — donnant à l’Iris sa teinte azurée caractéristique.

Une pouponnière de molécules complexes

Derrière sa beauté, la nébuleuse de l’Iris passionne les chercheurs pour sa chimie. Elle abrite une quantité remarquable d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), de grandes molécules carbonées que l’on retrouve sur Terre dans le charbon ou le pétrole. Mieux encore : c’est dans cette nébuleuse que le télescope spatial Spitzer a permis l’une des toutes premières détections fermes de fullerènes (C60) neutres dans l’espace interstellaire — ces molécules en forme de ballon de football comptant parmi les plus grosses jamais identifiées dans le milieu interstellaire. La nébuleuse fait partie du vaste complexe moléculaire du Cepheus Flare, une région de formation d’étoiles qui abrite aussi plusieurs jeunes objets stellaires en gestation.

Découverte et désignations

La nébuleuse a été découverte le 18 octobre 1794 par William Herschel, déjà célèbre pour avoir découvert la planète Uranus. La désignation NGC 7023 se rapporte en toute rigueur au petit amas d’étoiles associé à la nébuleuse, la nébulosité elle-même portant les références LBN 487 ou vdB 139. L’objet figure également au catalogue Caldwell sous le numéro 4. Son surnom d’« Iris » fait référence à la fleur, pour sa couleur et la forme de ses pétales de poussière.

Observation

La nébuleuse de l’Iris se repère dans Céphée, à quelques degrés d’Alfirk (Beta Cephei), non loin de l’étoile polaire. Circumpolaire aux latitudes européennes, elle est observable toute l’année. Dans un télescope de taille moyenne, on distingue une petite lueur diffuse autour de son étoile centrale de magnitude 7,4 ; mais c’est en photographie à longue pose qu’elle révèle toute sa splendeur, ses pétales bleus se détachant sur un écrin de poussières sombres. La région regorge de nébulosités obscures qui font le bonheur des astrophotographes patients.

Questions fréquentes

Pourquoi la nébuleuse de l’Iris est-elle bleue ?
Parce que ses poussières réfléchissent la lumière de l’étoile HD 200775 et diffusent davantage le bleu que le rouge — exactement comme l’atmosphère terrestre rend notre ciel bleu.

Quelle différence avec une nébuleuse en émission ?
Une nébuleuse en émission produit sa propre lumière : son gaz, ionisé par des étoiles très chaudes, rayonne (souvent en rouge). Une nébuleuse par réflexion, comme l’Iris, ne fait que réfléchir la lumière d’une étoile proche.