Nébuleuse du Hibou — Messier 97
🌌 Nébuleuse

Nébuleuse du Hibou — Messier 97

Planétaire

La nébuleuse du Hibou, cataloguée Messier 97, est l’une des nébuleuses planétaires les plus célèbres du ciel boréal. Nichée dans la Grande Ourse, elle doit son surnom à deux taches sombres qui, dans un télescope, évoquent irrésistiblement les grands yeux ronds d’un hibou.

Description

Située à environ 2 000 à 2 600 années-lumière de la Terre (les estimations varient selon les méthodes), la nébuleuse du Hibou s’étend sur quelque deux à trois années-lumière. Il s’agit d’une nébuleuse planétaire, c’est-à-dire la dépouille gazeuse d’une étoile semblable au Soleil parvenue en fin de vie. En expulsant ses couches externes, l’étoile mourante a formé une bulle de gaz ionisé qui brille aujourd’hui sous l’effet du rayonnement de son cœur, devenu une naine blanche. Avec une magnitude d’environ 9,9, M97 compte parmi les planétaires les plus lumineuses, mais sa lumière est diffuse : elle n’est visible qu’aux jumelles ou au télescope, jamais à l’œil nu.

Les yeux du hibou

La signature de M97, ce sont ses deux « yeux » : deux zones sombres creusées dans la coquille de gaz. Ils résultent de la structure interne de la nébuleuse, façonnée en forme de tonneau incliné par rapport à notre ligne de visée. Ces yeux furent dessinés pour la première fois en 1848 par William Parsons, comte de Rosse, à travers son gigantesque télescope. C’est lui qui baptisa l’objet « nébuleuse du Hibou ». Pour les distinguer aujourd’hui, il faut un instrument d’au moins 250 mm de diamètre sous un ciel très sombre.

Un astre en trois couches

Les observations modernes révèlent que la nébuleuse est structurée en trois coquilles concentriques emboîtées, la plus externe étant 20 à 30 % plus grande que l’interne. La matière éjectée — hydrogène, hélium, azote, oxygène et soufre — ne représente qu’environ un dixième de la masse du Soleil, dispersée dans un volume immense. Âgée d’à peu près 8 000 ans, la nébuleuse continue de s’étendre à plusieurs dizaines de kilomètres par seconde. Elle offre un aperçu saisissant du destin qui attend notre propre Soleil dans quelque cinq milliards d’années.

Observation

M97 se déniche facilement dans le ciel de printemps, à environ 2,5° au sud-est de Merak, l’étoile inférieure droite de la « casserole » de la Grande Ourse. Dans le même champ apparaît la galaxie spirale M108, offrant un joli duo aux astrophotographes. Un filtre O-III accentue nettement la nébuleuse. Aux latitudes moyennes de l’hémisphère nord, elle reste visible une grande partie de l’année, la Grande Ourse ne se couchant jamais.

Questions fréquentes

Pourquoi l’appelle-t-on la nébuleuse du Hibou ?
À cause de deux taches sombres dans la coquille de gaz qui ressemblent aux yeux d’un hibou. Ce surnom a été donné en 1848 par Lord Rosse, qui les avait dessinées à travers son télescope.

Peut-on la voir avec un petit instrument ?
Oui, on la repère aux jumelles ou dans un petit télescope comme une faible boule de lumière, mais il faut au moins 250 mm pour distinguer les « yeux ».