Dictionnaire astronomique
Noyau actif de galaxie
Lettre N
Un noyau actif de galaxie, souvent abrégé AGN (Active Galactic Nucleus), désigne le centre d’une galaxie dont le trou noir supermassif accumule activement de la matière. Ce processus d’accrétion produit des quantités d’énergie considérables, souvent supérieures à la luminosité totale de toutes les étoiles de la galaxie. Les AGN se manifestent sous différentes formes selon leur orientation et leur puissance.
Un modèle unifié
Quasars, radiogalaxies, blazars et galaxies de Seyfert partagent un moteur : l’accrétion sur un trou noir supermassif. Le modèle unifié des AGN explique une partie de leurs différences par l’orientation d’un disque, d’un tore obscurcissant et d’éventuels jets. La luminosité, l’état de l’accrétion et la présence de jets comptent également ; changer seulement l’angle ne transforme pas n’importe quel AGN en tous les autres types.
Les différents types d’AGN
Un blazar est un noyau actif dont un jet relativiste pointe près de notre ligne de visée, ce qui amplifie son éclat apparent. Les quasars sont des noyaux très lumineux. Les galaxies de Seyfert ont des noyaux moins dominants et une galaxie hôte bien identifiable. Les radiogalaxies se distinguent par leur forte émission radio, souvent étendue en jets et lobes. Ces catégories ne se déduisent pas toutes d’une simple vue de face ou de côté.
L’impact sur la galaxie hôte
Un AGN actif peut profondément influencer sa galaxie. Les jets et les vents produits chauffent et expulsent le gaz interstellaire, freinant ou stoppant la formation d’étoiles. À l’inverse, les ondes de choc peuvent parfois compresser le gaz et déclencher de nouvelles naissances stellaires. Cette rétroaction entre le trou noir central et sa galaxie hôte est un domaine actif de la recherche en astrophysique.
Le saviez-vous ?
La Voie Lactée a pu connaître des épisodes d’activité plus intenses. Les bulles de Fermi, détectées en rayons gamma au-dessus et au-dessous du plan galactique, témoignent d’une importante injection d’énergie. Leur origine reste discutée : une activité passée de Sagittarius A* et la formation stellaire centrale font partie des explications étudiées.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un AGN et un quasar ?
Un quasar est un type d’AGN particulièrement lumineux, observé principalement dans l’univers lointain. AGN est le terme générique qui englobe tous les noyaux galactiques actifs, des plus modestes (galaxies de Seyfert) aux plus puissants (quasars et blazars).
Tous les trous noirs supermassifs sont-ils des AGN ?
Non. Un trou noir supermassif ne devient un AGN que s’il dispose de matière à accumuler activement. Sagittarius A* est presque inactif aujourd’hui, donc la Voie Lactée n’est pas classée comme une galaxie active.
Peut-on observer un AGN depuis la Terre ?
Oui. M77, également appelée NGC 1068, est une galaxie active observable avec un petit télescope sous de bonnes conditions. Voir sa lumière ne permet toutefois pas de résoudre directement son moteur central. Les quasars accessibles aux amateurs demandent des conditions et un instrument adaptés à leur éclat apparent.
