La comète Tempel 1, officiellement 9P/Tempel, est l’une des comètes les plus étudiées de l’astronomie moderne, grâce à deux missions spatiales historiques qui l’ont visitée et même bombardée. Découverte en 1867 par l’astronome allemand Ernst Tempel, cette comète périodique de la famille de Jupiter revient tous les 5,5 ans et a livré des informations extraordinaires sur la composition et la structure internes des comètes.
Deep Impact — le bombardement cosmique
Le 4 juillet 2005, la sonde Deep Impact de la NASA a réalisé un exploit sans précédent : elle a largué un impacteur de 370 kilogrammes qui a percuté le noyau de Tempel 1 à une vitesse de 10,3 kilomètres par seconde. L’impact a creusé un cratère d’environ 150 mètres de diamètre et libéré des matériaux profonds du noyau cométaire, invisibles depuis la surface. Les analyses ont révélé une surface poreuse semblable à de la poudre fine, et une composition riche en composés organiques et en argiles.
Stardust-NExT — le retour sur les lieux
En février 2011, la sonde Stardust, réaffectée pour la mission Stardust-NExT, a survolé à nouveau Tempel 1 pour photographier le cratère créé six ans plus tôt. Les images obtenues ont fourni des informations précieuses sur la façon dont les impacts modifient les surfaces cométaires et sur les changements subis par la comète entre deux passages près du Soleil. Tempel 1 est ainsi devenue la première comète visitée par deux missions spatiales distinctes.
Un laboratoire de terrain
Les découvertes faites sur Tempel 1 ont révolutionné notre compréhension des comètes. Sa surface est étonnamment lisse à grande échelle mais présente des structures géologiques complexes, dont des cratères d’impact, des écoulements apparents et des couches superposées. Ces caractéristiques suggèrent une histoire géologique riche, avec des processus d’évolution continus tout au long de ses passages répétés près du Soleil. Son prochain passage est prévu pour 2028.
