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Astéroïde Lutetia (21) — La rencontre de Rosetta

📅 19 avril 2026

L’astéroïde 21 Lutetia est entré dans l’histoire spatiale en 2010 lorsque la sonde européenne Rosetta l’a survolé en route vers la comète Tchouri. Découvert le 15 novembre 1852 par l’astronome germano-français Hermann Goldschmidt à Paris — d’où son nom, référence à Lutèce — il fait partie des astéroïdes les plus grands et les mieux caractérisés de la ceinture principale, grâce aux images détaillées obtenues lors de ce survol européen historique.

Le survol de Rosetta

Le 10 juillet 2010, Rosetta est passée à seulement 3 168 kilomètres de Lutetia à une vitesse relative de 15 kilomètres par seconde. Les images haute résolution transmises ont révélé un astéroïde étonnamment complexe : forme très irrégulière, surface extrêmement cratérisée témoignant d’une histoire d’impacts longue de milliards d’années, et présence de failles, d’effondrements de terrain et de différentes nuances de couleurs. Ces observations ont fait de Lutetia l’un des astéroïdes les mieux caractérisés visuellement.

Une composition énigmatique

La composition exacte de Lutetia reste débattue. Elle appartient à la classe spectrale M, habituellement associée aux astéroïdes métalliques, mais ses propriétés spectrales mesurées suggèrent plutôt une composition primitive de chondrites carbonées. Cette ambiguïté fait de Lutetia un objet fascinant pour les scientifiques — elle pourrait être un ancien fragment du noyau d’un protoplanète différencié dont les couches externes ont été arrachées, ou au contraire un corps primitif jamais différencié.

Un vestige des origines

Lutetia pourrait être l’un des plus anciens corps du système solaire, datant de ses premiers millions d’années. Sa surface exceptionnellement cratérisée témoigne qu’elle a subi d’innombrables impacts depuis sa formation il y a environ 4,5 milliards d’années. Certaines régions de sa surface semblent avoir été modifiées plus récemment, avec des glissements de terrain et des couches de régolithe épaisses qui couvrent progressivement les structures plus anciennes. Ce petit monde complexe continue d’inspirer les scientifiques dans leurs recherches sur l’évolution à long terme des astéroïdes.