Sagittarius A* est le trou noir supermassif qui réside au centre de notre galaxie, la Voie Lactée. Situé à environ 26 000 années-lumière de la Terre dans la direction de la constellation du Sagittaire, il est l’un des objets les plus étudiés de l’astronomie moderne.
Une masse colossale
Avec une masse équivalente à 4,1 millions de fois celle du Soleil, Sagittarius A* est un monstre gravitationnel. Pourtant, comparé aux trous noirs supermassifs d’autres galaxies, il est relativement modeste — M87*, le trou noir de la galaxie M87, est 1 500 fois plus massif. Son rayon de Schwarzschild — la limite au-delà de laquelle rien ne peut s’échapper, pas même la lumière — est d’environ 12,4 millions de kilomètres, soit 17 fois le rayon du Soleil.
La première image historique
Le 12 mai 2022, l’Event Horizon Telescope (EHT) — un réseau mondial de radiotélescopes fonctionnant comme un seul instrument de la taille de la Terre — a publié la première image de Sagittarius A*. On y voit un anneau lumineux de gaz chaud entourant une région sombre : l’ombre du trou noir. Capturer cette image fut un défi extraordinaire car Sgr A* est très variable — la matière qui l’entoure se déplace si rapidement que l’image change en quelques minutes.
Les étoiles qui dansent autour
La preuve la plus directe de l’existence de Sagittarius A* vient de l’observation des étoiles du centre galactique. Des astronomes ont suivi pendant plus de 30 ans les trajectoires d’étoiles tournant à des vitesses folles autour d’un point invisible. L’étoile S2 notamment effectue une orbite complète en seulement 16 ans à une vitesse maximale de 3% de la vitesse de la lumière. Ces observations ont valu le prix Nobel de physique 2020 à Reinhard Genzel et Andrea Ghez.
Actuellement en sommeil
Contrairement aux noyaux actifs de galaxies lointaines qui dévorent activement de la matière en émettant des jets de plasma colossaux, Sagittarius A* est relativement calme. Il se « nourrit » très peu actuellement. En 2019, les astronomes ont observé un bref sursaut d’activité inhabituel, mais le trou noir central de la Voie Lactée reste l’un des plus tranquilles connus.

