Dictionnaire astronomique

Tache solaire

Lettre T

Une tache solaire est une région temporairement plus sombre et plus froide de la photosphère, associée à une forte concentration de champ magnétique. Elle reste très chaude, typiquement de l’ordre de 4 000 K dans son ombre contre près de 5 800 K autour d’elle. Son aspect sombre est un contraste : isolée, elle rayonnerait intensément.

L’origine magnétique des taches

Les taches solaires se forment quand des boucles de champ magnétique solaire percent la photosphère depuis l’intérieur du Soleil. Ces champs freinent le transport de chaleur par convection depuis les profondeurs, ce qui refroidit localement la surface et la fait apparaître plus sombre. Une tache typique est composée d’une ombre centrale très sombre, entourée d’une pénombre filamenteuse plus claire.

Le cycle solaire de 11 ans

Le nombre de taches varie selon un cycle d’environ 11 ans, dont la durée et l’intensité ne sont pas parfaitement régulières. Les minima peuvent connaître de nombreux jours sans tache, alors que les maxima multiplient les régions actives. L’inversion des pôles magnétiques s’inscrit dans ce cycle ; retrouver la même polarité demande environ deux cycles, soit 22 ans.

Les phénomènes associés

Les régions actives autour des taches sont le siège de phénomènes spectaculaires : éruptions solaires (libération brutale d’énergie magnétique), éjections de masse coronale (expulsions de plasma vers l’espace) et protubérances (arches de plasma s’élevant au-dessus de la photosphère). Ces événements peuvent affecter la Terre en provoquant des aurores polaires, en perturbant les communications radio et en menaçant les satellites.

Importance en astronomie

L’étude des taches solaires est fondamentale pour comprendre la dynamique stellaire et la météorologie spatiale. Galilée fut l’un des premiers à les observer systématiquement en 1610, fournissant la preuve que le Soleil tourne sur lui-même et n’est pas un astre parfait comme le pensait l’Antiquité. Aujourd’hui, des satellites comme SDO et Solar Orbiter surveillent en permanence l’activité solaire.

Exemple concret : l’événement de Carrington

En septembre 1859, l’astronome Richard Carrington observe une éruption solaire massive liée à un groupe de taches géantes. La tempête géomagnétique qui en résulte est si intense qu’elle déclenche des aurores visibles jusqu’aux Caraïbes et perturbe les réseaux télégraphiques mondiaux, parfois à les enflammer. Les conséquences d’un événement comparable aujourd’hui dépendraient de l’exposition et de la protection des réseaux électriques, satellites et communications. Un coût unique sans scénario défini serait trompeur.

Le saviez-vous ?

Entre 1645 et 1715, durant le minimum de Maunder, les astronomes ont observé quasiment aucune tache solaire pendant 70 ans. Cette période coïncide avec une phase climatique particulièrement froide en Europe, le Petit Âge glaciaire. Le lien causal entre activité solaire et climat reste cependant complexe.

Questions fréquentes

Peut-on observer les taches solaires à l’œil nu ?

Les plus grandes taches peuvent être visibles sans grossissement, mais jamais en regardant le Soleil sans filtre solaire adapté. La brume, les nuages et le coucher du Soleil ne constituent pas une protection. Pour l’œil nu, utiliser un dispositif conforme à ISO 12312-2 et intact. Pour un télescope ou des jumelles, un filtre approprié doit être fixé à l’avant de l’instrument ; des lunettes d’éclipse seules ne protègent pas derrière l’oculaire.

Combien de temps dure une tache solaire ?

Les petites taches durent quelques heures à quelques jours. Les grandes peuvent persister plusieurs semaines, voire quelques mois. Si elles survivent assez longtemps, la rotation solaire peut les ramener en vue après environ 27 jours vus depuis la Terre. Ce délai varie notamment avec la latitude : le Soleil ne tourne pas comme un corps rigide.

Sommes-nous actuellement en période active ?

Le 15 octobre 2024, la NASA et la NOAA ont annoncé que le Soleil était entré dans la phase maximale du cycle 25. Cette annonce désignait une période active, pas la date exacte du pic, qui se détermine rétrospectivement. Elle éclaire les fortes aurores observées en 2024 sans garantir le niveau d’activité d’une nuit donnée.