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Définition
Lettre T

Tache solaire

Une tache solaire est une région plus sombre à la surface du Soleil, causée par une intense activité magnétique. Elle est plus froide que son environnement et son nombre suit un cycle de 11 ans.

Une tache solaire est une région temporairement plus sombre et plus froide à la surface du Soleil (la photosphère), causée par une intense concentration de champs magnétiques. Bien qu’elle paraisse noire en contraste, sa température reste élevée — environ 4 000 K contre 5 800 K pour la photosphère environnante — et elle brillerait intensément si on l’observait isolément.

L’origine magnétique des taches

Les taches solaires se forment quand des boucles de champ magnétique solaire percent la photosphère depuis l’intérieur du Soleil. Ces boucles bloquent la convection de chaleur depuis les profondeurs, ce qui refroidit localement la surface et la fait apparaître plus sombre. Une tache typique est composée d’une ombre centrale très sombre, entourée d’une pénombre filamenteuse plus claire.

Le cycle solaire de 11 ans

Le nombre de taches solaires varie selon un cycle régulier d’environ 11 ans. Les minima solaires affichent quasiment aucune tache, tandis que les maxima peuvent en compter plusieurs dizaines simultanément. Ce cycle est lié à l’inversion progressive des pôles magnétiques du Soleil : tous les 11 ans, le champ magnétique solaire global s’inverse complètement. Le cycle solaire complet (avec retour aux conditions initiales) dure donc en réalité 22 ans.

Les phénomènes associés

Les régions actives autour des taches sont le siège de phénomènes spectaculaires : éruptions solaires (libération brutale d’énergie magnétique), éjections de masse coronale (expulsions de plasma vers l’espace) et protubérances (arches de plasma s’élevant au-dessus de la photosphère). Ces événements peuvent affecter la Terre en provoquant des aurores polaires, en perturbant les communications radio et en menaçant les satellites.

Importance en astronomie

L’étude des taches solaires est fondamentale pour comprendre la dynamique stellaire et la météorologie spatiale. Galilée fut l’un des premiers à les observer systématiquement en 1610, fournissant la preuve que le Soleil tourne sur lui-même et n’est pas un astre parfait comme le pensait l’Antiquité. Aujourd’hui, des satellites comme SDO et Solar Orbiter surveillent en permanence l’activité solaire.

Exemple concret : l’événement de Carrington

En septembre 1859, l’astronome Richard Carrington observe une éruption solaire massive liée à un groupe de taches géantes. La tempête géomagnétique qui en résulte est si intense qu’elle déclenche des aurores visibles jusqu’aux Caraïbes et perturbe les réseaux télégraphiques mondiaux, parfois à les enflammer. Un événement de cette ampleur aujourd’hui coûterait des centaines de milliards de dollars en dommages aux infrastructures électroniques.

Le saviez-vous ?

Entre 1645 et 1715, durant le minimum de Maunder, les astronomes ont observé quasiment aucune tache solaire pendant 70 ans. Cette période coïncide avec une phase climatique particulièrement froide en Europe, le Petit Âge glaciaire. Le lien causal entre activité solaire et climat reste cependant complexe.

Questions fréquentes

Peut-on observer les taches solaires à l’œil nu ?

Les plus grandes taches sont parfois visibles à l’œil nu au coucher du soleil à travers une brûme, ou avec des lunettes d’éclipse certifiées. Ne JAMAIS observer le Soleil sans protection adéquate — les dommages oculaires sont irréversibles.

Combien de temps dure une tache solaire ?

Les petites taches durent quelques heures à quelques jours. Les grandes taches peuvent persister plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour les plus énormes. Elles sont emportées par la rotation solaire et réapparaissent toutes les 27 jours environ vues depuis la Terre.

Sommes-nous actuellement en période active ?

Le cycle solaire 25 a atteint son maximum vers 2024-2025, avec une activité plus intense que prévu. Cette période est propice à des aurores spectaculaires à des latitudes inhabituellement basses, comme observé en France en 2024.