Dictionnaire astronomique
Matière interstellaire
Lettre M
La matière interstellaire (MIS) désigne l’ensemble des gaz et des poussières dispersés dans l’espace entre les étoiles d’une galaxie. Malgré sa densité extrêmement faible, généralement bien inférieure à celle des vides de laboratoire, elle occupe la majorité du volume de la Voie Lactée et joue un rôle fondamental dans la formation des étoiles et l’évolution chimique de la galaxie.
Composition de la matière interstellaire
La MIS est dominée par l’hydrogène et l’hélium, avec une faible fraction d’éléments plus lourds. Elle comprend du gaz atomique neutre froid ou tiède, des nuages moléculaires très froids et des phases ionisées. Les régions HII, chauffées par les étoiles massives, atteignent typiquement près de 10 000 K. Un gaz bien plus ténu, porté à des températures pouvant dépasser un million de kelvins, occupe aussi une partie du volume interstellaire.
Les poussières interstellaires
Les poussières interstellaires sont de minuscules grains, souvent bien plus petits qu’un micromètre, dont la composition dépend du milieu : silicates, matière carbonée et parfois manteaux de glace. Leur masse est faible par rapport à celle du gaz, mais elles absorbent et diffusent la lumière, rougissent les étoiles lointaines et fournissent des surfaces où des molécules peuvent se former.
Le cycle de la matière
La matière interstellaire est le réservoir à partir duquel les étoiles se forment et vers lequel elles renvoient la matière transformée. Une étoile naît dans un nuage moléculaire, brûle de l’hydrogène en hélium, puis enrichit le milieu en éléments lourds par ses vents stellaires ou son explosion en supernova. Cette matière enrichie sera incorporée dans la prochaine génération d’étoiles. Ce recyclage constitue le cycle cosmique de la matière.
Le saviez-vous ?
La densité varie fortement selon les régions. Un atome par centimètre cube donne un ordre de grandeur moyen, sans décrire un cœur moléculaire dense ni une bulle de gaz chaud. L’air à pression atmosphérique contient environ 10¹⁹ molécules par centimètre cube : le contraste est immense, mais dépend des conditions choisies pour la comparaison.
Questions fréquentes
Peut-on voir la matière interstellaire ?
Oui, indirectement. Les nébuleuses visibles dans le ciel sont des régions de matière interstellaire dense, illuminées par des étoiles proches ou rendues visibles par absorption de la lumière d’arrière-plan. Les nuages sombres, comme la Nébuleuse de la Tête de Cheval, bloquent la lumière des étoiles derrière eux.
La matière interstellaire est-elle homogène ?
Non. Elle est extrêmement hétérogène, avec des régions très denses (nuages moléculaires) et des régions quasi-vides (milieu interstellaire diffus chaud). Ces différences de densité et de température jouent un rôle crucial dans la dynamique galactique et la formation des étoiles.
Y a-t-il des molécules complexes dans l’espace interstellaire ?
Oui. La spectroscopie a identifié de nombreuses molécules interstellaires, dont des composés organiques comme le méthanol. Cela ne signifie pas que toute molécule biologiquement intéressante y a été observée : les anciennes annonces de glycine interstellaire ont notamment été contestées faute de signatures spectrales convaincantes. Une formation possible en laboratoire ne vaut pas détection dans un nuage.
