Dictionnaire astronomique

Héliosphère

Lettre H

L’héliosphère est la vaste bulle de plasma magnétisé créée par le vent solaire qui englobe les planètes du Système solaire. C’est la région de l’espace dans laquelle l’influence magnétique et particulaire du Soleil domine sur celle du milieu interstellaire environnant. Sa frontière externe, l’héliopause, marque la limite où le vent solaire ne peut plus repousser le gaz interstellaire.

La structure de l’héliosphère

L’héliosphère comporte plusieurs couches distinctes. À l’intérieur, le vent solaire s’écoule à une vitesse supersonique, avec une valeur typique d’environ 400 km/s, variable selon les conditions solaires. Il rencontre une onde de choc terminale qui le ralentit brutalement. Voyager 1 l’a traversée à environ 94 UA du Soleil et Voyager 2 à environ 84 UA, à des dates et dans des directions différentes. Au-delà, dans l’héliogaine, le vent ralenti est plus chaud. Puis l’héliopause sépare le plasma du vent solaire du plasma interstellaire.

Une forme asymétrique

L’héliosphère n’est pas une sphère parfaite : l’interaction avec le milieu interstellaire contribue à la déformer. Sa forme globale reste débattue. Certains modèles proposent une longue queue, d’autres une forme plus compacte ou en croissant. Les traversées des sondes Voyager ne fournissent que deux trajets de mesure, insuffisants pour fixer à eux seuls toute sa géométrie.

Une bulle protectrice

L’héliosphère joue un rôle de bouclier protecteur contre les rayons cosmiques galactiques, ces particules de très haute énergie qui voyagent dans l’espace interstellaire. Le champ magnétique de l’héliosphère dévie une fraction significative de ces rayons cosmiques, réduisant le flux qui atteint la Terre et les autres planètes du système solaire. Sans cette protection, la vie terrestre serait soumise à un bombardement particulaire bien plus intense.

Importance en astronomie

L’étude de l’héliosphère est cruciale pour comprendre l’interaction des étoiles avec leur milieu environnant et l’habitabilité planétaire. Les sondes Voyager 1 et 2 ont fourni des mesures directes du voisinage de l’héliopause, traversant celle-ci respectivement en 2012 et 2018. Elles sont devenues les premiers objets fabriqués par l’être humain à entrer dans le milieu interstellaire.

Exemple concret

En 2012, la sonde Voyager 1 a détecté un changement spectaculaire de son environnement : effondrement du flux de particules d’origine solaire et augmentation du flux de rayons cosmiques galactiques. En revanche, la direction du champ magnétique a très peu changé. L’analyse des oscillations du plasma, annoncée en 2013, a permis d’établir que la sonde se trouvait dans un milieu bien plus dense, compatible avec le milieu interstellaire. Le franchissement de l’héliopause a ainsi été daté d’août 2012.

Le saviez-vous ?

D’autres étoiles possèdent leur propre astrosphère, l’équivalent de l’héliosphère autour du Soleil. Certaines sont étudiées grâce à l’absorption de lumière ultraviolette par l’hydrogène accumulé dans la zone d’interaction entre le vent stellaire et le milieu interstellaire. Il s’agit d’un diagnostic spectroscopique, pas d’une simple image de lumière diffusée.

Questions fréquentes

Quelle est la taille de l’héliosphère ?

Les sondes Voyager ont atteint sa frontière externe à environ 120 UA du Soleil sur leurs trajectoires. Ce nombre ne définit pas le rayon d’une sphère. La forme et l’étendue de l’héliosphère dépendent de l’interaction du vent solaire avec le milieu interstellaire, et ses frontières varient dans le temps.

L’héliosphère inclut-elle Pluton ?

Oui, largement. Pluton orbite à environ 30-50 UA du Soleil, soit bien à l’intérieur de l’héliosphère. La ceinture de Kuiper principale, située approximativement entre 30 et 50 UA, s’y trouve aussi. Cela ne vaut pas pour tous les objets transneptuniens, dont certains s’éloignent beaucoup plus. Le nuage de Oort, dont l’existence est déduite notamment des trajectoires des comètes, est situé bien au-delà de l’héliopause.

Que se passe-t-il à l’extérieur de l’héliosphère ?

Le milieu interstellaire local domine. C’est un environnement de très faible densité (environ 0,1 atome par cm³) avec un champ magnétique galactique propre, davantage de rayons cosmiques galactiques et un gaz neutre principalement composé d’hydrogène et d’hélium à environ 7 000 K.