☄️ Comète & Astéroïde

Comète Lovejoy (C/2011 W3) — La survivante du Soleil

📅 19 avril 2026

La comète Lovejoy, officiellement C/2011 W3, est entrée dans l’histoire de l’astronomie moderne en réalisant un exploit que peu pensaient possible : survivre à un passage extrêmement rapproché du Soleil. Découverte le 27 novembre 2011 par l’astronome amateur australien Terry Lovejoy, elle appartient à la famille des comètes Kreutz — des frôleuses du Soleil dont la plupart sont vaporisées lors de leur passage au périhélie. Contre toute attente, Lovejoy a non seulement survécu, mais elle a offert par la suite l’un des plus beaux spectacles cométaires de la décennie.

Un passage infernal

Le 16 décembre 2011, Lovejoy est passée à seulement 140 000 kilomètres de la surface du Soleil — à peine plus que la distance Terre-Lune. À cette proximité extrême, la température de surface de la comète a atteint des milliers de degrés, et les modèles théoriques prédisaient sa destruction totale. Pourtant, 18 minutes après son passage au périhélie, les satellites d’observation solaire SDO et STEREO ont observé avec stupeur Lovejoy émergeant intacte de l’atmosphère solaire, bien que considérablement affaiblie.

Un spectacle austral

Après son passage, Lovejoy s’est dirigée vers l’hémisphère sud où elle a offert un spectacle somptueux pendant plusieurs semaines. Sa longue queue blanche, déployée sur des dizaines de degrés dans le ciel matinal, a émerveillé les observateurs australiens, néo-zélandais et sud-africains durant tout le mois de décembre 2011 et janvier 2012. Les photographies prises depuis la Station spatiale internationale, notamment par l’astronaute Dan Burbank, comptent parmi les plus belles images cométaires jamais capturées depuis l’espace.

Une comète Kreutz atypique

Lovejoy appartient à la famille des comètes Kreutz, issues probablement de la fragmentation d’une comète géante il y a environ un millénaire. La plupart des Kreutz observées par les satellites SOHO ne survivent pas à leur passage solaire, ce qui rend Lovejoy particulièrement remarquable. Sa période orbitale révisée de 700 ans signifie qu’elle reviendra dans notre ciel vers l’an 2700 — si toutefois elle parvient à survivre aux prochains cycles solaires qui la vaporiseront progressivement.