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Astéroïde Mathilde (253) — La rencontre de NEAR

📅 19 avril 2026

L’astéroïde 253 Mathilde est un corps fascinant de la ceinture principale, rendu célèbre par le survol de la sonde NEAR Shoemaker en 1997. Découvert le 12 novembre 1885 par l’astronome autrichien Johann Palisa, il présente des caractéristiques qui défient les attentes des scientifiques : une surface extrêmement sombre, une densité extraordinairement faible et une structure criblée de cratères géants — le tout suggérant une nature particulièrement fragile et primitive.

Le survol de NEAR Shoemaker

Le 27 juin 1997, la sonde NEAR Shoemaker de la NASA, en route vers l’astéroïde Eros, est passée à environ 1 200 kilomètres de Mathilde. Ce survol bonus a fourni les premières images détaillées d’un astéroïde de type C — une classe primitive rare parmi les cibles spatiales jusqu’alors étudiées. Les 535 images prises par NEAR ont révélé un astéroïde étonnamment sombre — reflétant seulement 3 à 4 % de la lumière solaire qu’il reçoit, soit deux fois moins que le charbon.

Une densité incroyablement faible

Les mesures gravitationnelles obtenues lors du survol ont révélé que Mathilde a une densité d’environ 1,3 g/cm³ — à peine plus que celle de l’eau ! Cette valeur extraordinairement faible implique une porosité interne massive, probablement supérieure à 50 %. En d’autres termes, Mathilde n’est pas un corps rocheux compact mais plutôt un tas de gravats faiblement cohérent, criblé de vides internes. Cette structure explique probablement comment l’astéroïde a pu survivre à plusieurs impacts géants sans être pulvérisé.

Une histoire d’impacts cataclysmiques

Les images de NEAR ont révélé que Mathilde porte au moins cinq énormes cratères d’impact, chacun plus grand que 20 kilomètres — presque aussi large que l’astéroïde lui-même. Ces cratères géants auraient dû théoriquement détruire l’astéroïde, mais sa structure poreuse lui a permis d’absorber l’énergie des impacts en se comprimant plutôt qu’en se fragmentant. Mathilde est ainsi devenue un laboratoire essentiel pour comprendre la résistance des astéroïdes primitifs face aux collisions cosmiques — une information cruciale pour les programmes futurs de défense planétaire.