Le 1er juillet 2025, le télescope automatisé ATLAS au Chili — conçu pour détecter les astéroïdes potentiellement dangereux — capta un objet d’allure cométaire se déplaçant à une vitesse extraordinaire. Rapidement confirmé comme le troisième objet interstellaire jamais détecté, 3I/ATLAS devint immédiatement la star de l’astronomie mondiale. Plus massif et plus actif que ses prédécesseurs, il souleva des questions fascinantes — et quelques théories audacieuses.
Un visiteur de taille exceptionnelle
Contrairement aux objets interstellaires précédents, 3I/ATLAS est imposant. Son noyau est estimé entre 1 et 10 kilomètres de diamètre, pour une masse pouvant dépasser 33 milliards de tonnes. À titre de comparaison, ‘Oumuamua était probablement cent fois plus petit. Cette taille colossale change la donne scientifique : plus un objet est grand, mieux il préserve les signatures chimiques de son système d’origine, figées depuis des milliards d’années.
Une trajectoire hyperbolique record
3I/ATLAS suit une trajectoire hyperbolique avec une excentricité de 6,15 — record absolu parmi les objets connus. Sa vitesse à l’infini de 58 km/s confirme qu’il est complètement libre de l’attraction gravitationnelle du Soleil. Il provient de la direction de la constellation du Sagittaire et voyagerait peut-être depuis plus de 7 milliards d’années — plus vieux que notre système solaire.
Une activité cométaire intense
Autour du noyau, une coma riche en dioxyde de carbone s’étend sur plus de 348 000 kilomètres. Des queues de gaz et de poussières se déploient, preuve d’une activité intense malgré la distance au Soleil. Le 29 octobre 2025, il atteignit son périhélie à 1,36 UA du Soleil. Le 19 décembre 2025, il passa au plus proche de la Terre à 270 millions de kilomètres. Le 16 mars 2026, il frôla Jupiter à 53 millions de kilomètres, observé par la sonde Juno.
Les anomalies qui alimentent le débat
L’astrophysicien Avi Loeb identifia plusieurs caractéristiques inhabituelles : trajectoire alignée à seulement 4,89 degrés du plan de l’écliptique terrestre (probabilité inférieure à 1%), masse colossale statistiquement improbable, polarisation négative de la lumière réfléchie sans précédent. Il estima à 30-40% la probabilité que 3I/ATLAS ne soit pas d’origine purement naturelle. La grande majorité de la communauté scientifique reste cependant convaincue qu’il s’agit d’une comète naturelle venue d’un autre système stellaire.
Un messager de l’univers
Quelle que soit son origine, 3I/ATLAS représente une opportunité scientifique exceptionnelle. Pour la première fois, les astronomes ont pu observer un objet interstellaire sur une longue période avec des instruments de classe mondiale — James Webb, Hubble, les sondes Juno et JUICE. La poussière et la glace de 3I/ATLAS ressemblent globalement à celles de nos comètes locales, suggérant des processus de formation planétaire similaires à travers la galaxie.
