HATS-6 b — Une Saturne chaude autour d’une naine rouge
HATS-6 b est une exoplanète particulière qui a remis en question certaines idées reçues sur la formation planétaire. Située à environ 479 années-lumière dans la constellation de l’Hydre, cette géante gazeuse orbite une étoile naine rouge — une configuration théoriquement improbable selon les modèles classiques. Découverte en 2014 par le programme HATSouth, elle fait partie des rares Jupiters chauds connus autour d’étoiles de faible masse.
Une configuration inattendue
Les modèles standards de formation planétaire prédisaient que les géantes gazeuses de type Jupiter ne pouvaient pas se former autour d’étoiles naines rouges, car les disques protoplanétaires de ces étoiles sont généralement considérés comme trop peu massifs pour accumuler suffisamment de matière. HATS-6 b et quelques autres exoplanètes similaires ont démontré que ces modèles étaient incomplets : les géantes gazeuses peuvent bel et bien se former autour des naines rouges, dans des conditions que les théoriciens s’efforcent encore de comprendre.
- Masse : environ 0,32 fois celle de Jupiter (proche de Saturne)
- Rayon : environ 1,00 fois celui de Jupiter
- Période orbitale : 3,33 jours
Saturne chaude plutôt que Jupiter chaud
Avec une masse proche de celle de Saturne mais un rayon similaire à celui de Jupiter, HATS-6 b présente une densité faible caractéristique de certaines géantes gazeuses chaudes. Cette configuration suggère une atmosphère étendue et peut-être gonflée par le rayonnement intense de son étoile. Sa température d’équilibre de 712 K la place parmi les planètes étudiables par spectroscopie de transit, même si sa découverte relativement récente signifie que son atmosphère reste encore peu caractérisée.
Implications pour la formation planétaire
L’existence de HATS-6 b renforce l’idée que les systèmes planétaires autour des naines rouges sont plus diversifiés qu’on ne le pensait. Si ces étoiles — les plus nombreuses de la galaxie — peuvent abriter des géantes gazeuses en plus des planètes rocheuses de type TRAPPIST-1, alors la variété des configurations planétaires dans la Voie Lactée est probablement beaucoup plus riche qu’anticipé. HATS-6 b reste une pierre angulaire pour les théoriciens qui cherchent à comprendre comment les planètes géantes peuvent se former dans les environnements les moins propices.
