Dictionnaire astronomique

Température de surface

Lettre T

La température de surface d’une étoile est souvent décrite par sa température effective. Celle-ci est définie comme la température d’un corps noir qui émettrait la même puissance par unité de surface que l’étoile. Elle caractérise son rayonnement global sans imposer une température identique en chaque point de la photosphère. Les étoiles plus froides paraissent plutôt rouges, les plus chaudes bleues ou bleu-blanc.

La relation couleur-température

La loi de Wien relie la température d’un corps noir à la longueur d’onde du maximum de son spectre exprimé par unité de longueur d’onde : plus il est chaud, plus ce maximum se déplace vers les courtes longueurs d’onde. Une étoile émet cependant sur une large gamme de longueurs d’onde. Le maximum visible du spectre solaire ne fait donc pas du Soleil une étoile verte ; vu hors de l’atmosphère terrestre, il apparaît blanc.

La classification spectrale

Les étoiles sont classées selon leur type spectral, désigné par les lettres O, B, A, F, G, K, M dans l’ordre décroissant de température. Cette séquence, mémorisée par les astronomes via la phrase mnémotechnique Oh Be A Fine Girl Kiss Me, va des étoiles O (plus de 30 000 K) aux étoiles M (moins de 3 500 K). Le Soleil est de type G2, avec une température de 5 778 K.

Importance en astronomie

La température de surface est l’une des deux caractéristiques fondamentales qui définissent la position d’une étoile dans le diagramme de Hertzsprung-Russell. Avec la luminosité, elle permet d’estimer le rayon de l’étoile. Pour déduire un stade évolutif ou un âge, il faut aussi comparer les observations à des modèles ; la température et la luminosité seules ne garantissent pas une solution unique. Spectroscopie et photométrie multi-bandes contribuent à ces mesures.

Exemple concret

Bételgeuse, supergéante rouge dans Orion, illustre le rôle du rayon. Sa surface est plus froide que celle du Soleil, mais sa taille immense lui permet de rayonner beaucoup plus d’énergie au total. La luminosité dépend à la fois de la surface émettrice et de la température : une grande étoile froide peut donc dépasser une petite étoile chaude.

Questions fréquentes

La température de surface est-elle la température de l’étoile ?

Non. L’intérieur d’une étoile est bien plus chaud : le cœur du Soleil atteint 15 millions de degrés. La photosphère, d’où s’échappe la lumière visible, est beaucoup moins chaude que le cœur. La température augmente progressivement vers le centre.

Comment mesure-t-on la température d’une étoile ?

On compare son spectre et ses couleurs à des modèles d’atmosphère stellaire. Les raies d’absorption et les mesures dans plusieurs filtres apportent des informations complémentaires. La précision dépend des données et du modèle, ainsi que de la correction du rougissement produit par la poussière interstellaire.

Les étoiles les plus chaudes sont-elles les plus lumineuses ?

Généralement oui pour les étoiles de la séquence principale, où température et luminosité sont corrélées par la masse. Mais ce n’est pas toujours vrai : une naine blanche peut être très chaude (50 000 K) tout en étant peu lumineuse car elle est très petite. Une géante rouge peut être très lumineuse tout en étant froide car elle est énormément grande.