Dictionnaire astronomique
Méridien céleste
Lettre M
Le méridien céleste est un grand cercle imaginaire de la sphère céleste qui passe par les deux pôles célestes (nord et sud) et par le zénith de l’observateur (le point situé directement au-dessus de sa tête). Il sépare le ciel en deux moitiés, l’une à l’est, l’autre à l’ouest, et constitue une référence essentielle pour l’astronomie d’observation.
Le méridien et le mouvement diurne
La rotation terrestre entraîne le mouvement apparent quotidien des étoiles. Hors cas particuliers des pôles célestes, une étoile traverse le méridien deux fois par jour sidéral : au passage supérieur, où sa hauteur est maximale, puis au passage inférieur. Ces passages ne sont pas nécessairement l’un visible et l’autre invisible : cela dépend de la latitude et de la déclinaison.
Hauteur de culmination
Pour une étoile de déclinaison δ vue à la latitude φ, sa hauteur géométrique au passage supérieur vaut 90° − |φ − δ|, hors réfraction. À Paris, avec φ ≈ 48,9° et δ = 0°, elle culmine à 41,1° au-dessus de l’horizon sud. Polaris décrit elle aussi un petit cercle et possède deux passages au méridien ; sa proximité du pôle rend simplement leur différence de hauteur faible.
Pourquoi observer au méridien
Observer près du passage supérieur limite l’épaisseur d’atmosphère traversée, donc généralement l’absorption et les effets de la turbulence. Cela ne garantit pas un bon seeing, qui dépend aussi des conditions atmosphériques. À la culmination, la hauteur atteint un extremum : le mouvement apparent n’est pas principalement vertical. Un suivi adapté reste nécessaire en photographie.
Importance en astronomie
Le méridien céleste est utilisé depuis des siècles pour les observations de précision. Les cercles méridiens, instruments d’astronomie traditionnelle, sont des télescopes montés pour pivoter uniquement dans le plan du méridien. Ils servaient à mesurer précisément les positions des astres à leur passage. Cette technique a fondé les premiers grands catalogues stellaires. Aujourd’hui, l’heure sidérale locale donne instantanément l’ascension droite des objets à leur passage supérieur au méridien.
Exemple concret
Pour planifier une observation de M51 depuis la France, son ascension droite proche de 13 h 30 m donne le temps sidéral local de son passage supérieur. Pour obtenir l’heure civile, il faut préciser le lieu et la date. Le crépuscule de juin peut encore gêner l’observation : atteindre le méridien ne garantit pas à lui seul un ciel assez sombre.
Le saviez-vous ?
Le méridien passe par le nord, le zénith et le sud. Le midi solaire correspond au passage supérieur du Soleil. En France métropolitaine, il se trouve alors du côté sud ; ce repère ne se généralise pas à tout l’hémisphère nord, notamment aux latitudes tropicales. Midi solaire et 12 h à l’horloge ne coïncident pas nécessairement.
Questions fréquentes
Le méridien change-t-il selon la latitude ?
La hauteur du pôle céleste visible est égale à la valeur absolue de la latitude. À l’équateur, les deux pôles célestes sont sur l’horizon. Aux pôles terrestres, l’un est au zénith et l’autre au nadir : le méridien ne se confond donc pas avec l’horizon. Comme toutes les longitudes y convergent, il faut une convention pour choisir un méridien de référence.
Tous les astres passent-ils au méridien ?
Les étoiles circumpolaires restent au-dessus de l’horizon lors de leurs passages supérieur et inférieur. À l’inverse, certaines étoiles ne se lèvent jamais pour l’observateur. Ces règles géométriques se traitent à part aux pôles terrestres et pour un astre exactement au pôle céleste, dont la trajectoire apparente est un cas limite.
Pourquoi le terme « ante meridiem » (AM) ?
AM abrège le latin ante meridiem, « avant midi », et PM post meridiem, « après midi ». Dans l’usage civil, ces indications partagent la journée de l’horloge en deux moitiés ; leur frontière ne suit pas exactement le passage réel du Soleil au méridien.
