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Définition
Lettre A

Ascension droite et déclinaison

L’ascension droite et la déclinaison sont les deux coordonnées du système équatorial céleste, utilisé pour repérer la position des astres sur la sphère céleste. Elles sont l’équivalent céleste de la longitude et de la latitude.

L’ascension droite (RA, parfois AD) et la déclinaison (Dec) sont les deux coordonnées du système équatorial céleste utilisé en astronomie pour repérer précisément la position d’un astre sur la sphère céleste. Ce système est l’équivalent céleste de la longitude et de la latitude géographiques, projetées sur le ciel.

L’ascension droite : la longitude céleste

L’ascension droite mesure la position est-ouest d’un astre sur la sphère céleste, par rapport au point vernal (le point d’intersection de l’écliptique et de l’équateur céleste à l’équinoxe de printemps). Elle est mesurée en heures, minutes et secondes de 0h à 24h, et non en degrés. Une heure d’ascension droite correspond à 15 degrés, soit 1/24 du tour complet de 360 degrés. Cette unité particulière découle du fait que la Terre tourne de 15 degrés par heure.

La déclinaison : la latitude céleste

La déclinaison mesure la position nord-sud d’un astre par rapport à l’équateur céleste. Elle est exprimée en degrés, de +90° au pôle céleste nord à -90° au pôle céleste sud, avec 0° sur l’équateur céleste. La déclinaison de Polaris est d’environ +89°, ce qui en fait une étoile presque parfaitement alignée sur le pôle nord céleste — sa position dans le ciel ne change quasiment pas avec la rotation terrestre.

Pourquoi ce système

Le système équatorial est utilisé en astronomie professionnelle car il est indépendant de l’observateur. Quelle que soit votre position sur Terre et l’heure de la nuit, les coordonnées équatoriales d’une étoile restent les mêmes (en négligeant la précession). C’est essentiel pour cataloguer les astres dans des références universelles que tous les astronomes peuvent utiliser.

Importance en astronomie

L’ascension droite et la déclinaison sont indispensables pour pointer un télescope vers un objet précis. Les montures équatoriales motorisées exploitent ce système : un seul axe (l’axe d’ascension droite) doit tourner pour suivre les étoiles, ce qui simplifie le suivi en astrophotographie. Tous les catalogues d’objets célestes — Messier, NGC, Hipparcos, Gaia — référencent leurs entrées par ces coordonnées.

Exemple concret

L’étoile Sirius, la plus brillante du ciel, a pour coordonnées : RA = 6h 45min 09s et Dec = -16° 42′ 58″. Cette déclinaison négative explique pourquoi Sirius monte peu haut dans le ciel des observateurs de l’hémisphère nord, et est en revanche très élevée dans le ciel austral. La galaxie d’Andromède (M31), elle, est à RA = 0h 42min, Dec = +41° 16′.

Le saviez-vous ?

Le point vernal, qui sert de référence pour l’ascension droite, se déplace lentement à cause de la précession des équinoxes — un mouvement de l’axe terrestre sur 26 000 ans. C’est pourquoi les coordonnées astronomiques sont toujours associées à une époque de référence (généralement J2000.0, soit le 1er janvier 2000 à 12h UTC).

Questions fréquentes

Pourquoi mesurer l’ascension droite en heures ?

C’est une convention historique pratique : une heure d’ascension droite correspond exactement au temps que met la Terre à tourner de 15 degrés. Cela facilite le calcul du moment où un astre passe au méridien (son meilleur moment d’observation).

Quelle est la différence avec les coordonnées horizontales ?

Les coordonnées horizontales (azimut et altitude) sont locales et changent constamment avec l’heure et le lieu d’observation. Les coordonnées équatoriales sont globales et stables pour tous les observateurs. Les pointeurs électroniques de télescope convertissent automatiquement entre les deux systèmes.

Comment trouver les coordonnées d’un objet ?

Tous les logiciels d’astronomie modernes (Stellarium, SkySafari) et les bases de données en ligne (SIMBAD, NED) fournissent ces coordonnées. Pour les objets connus, il suffit de chercher leur désignation dans un catalogue.